JAPON: LE SOLEIL ROUGE

JAPON: LE SOLEIL ROUGE

Coralie à Kochi (1)

 Le 7 octobre en fin d'après midi, après un beau voyage en train dans des vallées sauvages, j'arrive dans la ville de Kochi  dans le sud du Shikoku...

Je dépose ma valise chez "Katsuo guesthouse", une auberge de jeunesse tenue par un sympathique jeune couple avec un bout de chou tout mignon. Je vous recommande chaudement cet endroit dans lequel je me sens comme à la maison au bout de 5 minutes.

Cerise sur le gâteau, au lieu de loger en dortoir, je vais occuper une chambre individuelle toute mignonne. "Lucky lucky", me dit Oan, mon hôte. Je vais dormir sous un bananier mais en attendant, je vais au onsen tout proche... c'est celui de mon petit ours "Poka Poka"... trop cool!

 

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 Puis, en face du onsen, j'entre dans un restaurant de sushi ou les assiettes commandées sur une tablette arrivent sur un tapis roulant. Au début, je ne comprends pas que les assiettes placées sur des supports rouges sont celles commandées par les clients... et comme je suis placée en début de chaîne, j'en avale deux qui me plaisaient bien. Personne ne me fait de remarque mais j'ai un peu la honte quand je m'en aperçois...

 

Au petit matin, je me réveille dans le hamac dans lequel j'ai migré durant la nuit pour cause de futon trop mince... et là, un coup d'oeil par la fenêtre laisse augurer une mauvaise journée...

 

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Je sors de la guesthouse sous quelques gouttes de pluie et en moins de 10 minutes, c'est un véritable déluge qui tombe du ciel, me forçant à courir jusqu'au 7/eleven pour acheter un parapluie.

Mon projet de visite de la côte à vélo vient de tomber... à l'eau!

Dépitée et désoeuvrée, j'entre dans la gare pour boire un café sous l'oeil des trois Daimio qui ont régné sur la région. Je décide alors d'aller visiter le musée du papier washi, à 30 minutes de train.

 

Arrivée en banlieue toujours sous le déluge, je tournicote dans de petites rues en me demandant si ce musée, le plus grand du Japon est bien par ici...

Finalement, "Google" me conduit à bon port, mais pas par la bonne porte. C'est par celle des employés que j'entre dans l'édifice, toute étonnée de ne pas voir de comptoir d'accueil... Je rencontre une dame qui parle parfaitement anglais lui montre le plan sur mon smartphone... et nous commençons à rire. 

Ce fut ma première rencontre extraordinaire avec Fusae. (C'est son prénom).

 

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Fusae me conduit à l'accueil ou on me propose de participer à un atelier de confection de papier Washi, le papier traditionnel japonais.

J'observe tout d'abord une employée experte qui réalise une fine feuille de papier. 

Puis, c'est mon tour. La matière est déjà préparée et le travail est très rapide. 

Une bande d'écoliers studieux prend ma suite.

 

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Fusae me guide ensuite dans ce musée, m'expliquant tous les procédés traditionnels de réalisation de ce papier.

 

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Après avoir récolté les branches du mûrier à papier, on les fait cuire dans un chaudron. On récupère les écorces que l'on lave ensuite dans la rivière avant de les recuire... et les relaver plusieurs fois pour obtenir des fibres claires. Une fois pilée dans de l'eau claire, on obtient une pâte liquide et gluante qui est ensuite versée sur des tamis en bambou pour fabriquer des feuilles. Plus on tamise fin, moins on met de matière et plus les feuilles sont fines. Elles sont ensuite mise à sécher au soleil.


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L'ensemble du procédé est illustré sur une jolie maquette.  Certains objets traditionnels sont fabriqués en papier.

Kochi est une ville dans laquelle on fabrique du papier washi de très bonne qualité depuis des générations. Pour cela, il faut avoir une eau de très limpide et les cours d'eau qui prennent leur source dans les montagnes avant de sillonner la ville et de se jeter dans la mer toute proche ont la particularité d'être d'une pureté exceptionnelle.


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Fusae m'a entraînée dans les étages du musée, me montrant toutes les collections temporaires. Un artiste m'a particulièrement touchée. Il était présent et m'a montré les 3 pinceaux avec lesquels il travaillait le papier... washi, bien sur!

 

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La matinée a passé très vite et Fusae me propose de déjeuner ensemble dans un petit restaurant très typique... et très bon. Nous discutons en anglais, c'est très sympathique. Elle me confie être hôtesse de l'air et passer ses journées de congé comme volontaire au musée (entre autres occupations diverses). Elle a beaucoup vécu à l'étranger et certains détails de sa vie me laissent penser que c'est une femme forte et déterminée.

Après le repas, Fusae me dit qu'il faut absolument que je visite le temple de Godaisan Chikyrin-ji.

Au musée, pendant que je récupère ma feuille de papier séchée, elle échange son tour de garde avec une collègue et nous partons dans sa petite voiture Honda vert-pomme-fluo.

Trop drôle! Il y a également des nounours vert-pomme-fluo accrochés au rétroviseur intérieur et elle place sur ses genoux une couverture... vert-pomme-fluo! C'est très japonais!

 

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Nous arrivons au temple, situé en pleine montagne. Il pleut toujours très fort, ce qui rend l'ambiance encore plus mystérieuse. Il y a très peu de touristes et on ne croise que quelques pèlerins sous leurs capes blanches et leurs imperméables translucides.

 

Fusae me laisse aller seule jusqu'à la pagode car ses petites chaussures ne résisteraient pas à la pluie et elle n'a pas de manteau.

 

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Après ma visite, nous allons vite boire un thé chaud accompagné d'un délicieux cheesecake au salon de thé d'un jardin  botanique voisin car Fusae a bien besoin de se réchauffer. Elle a patienté sous le porche de l'entrée dans l'humidité et le froid. Elle avait bien enfilé ses petites manches de secours, mais quand on sait à quel point les japonais sont frileux...

 

En descendant de la montagne, Fusae veut me montrer le mémorial de Sakamoto Ryoma, un célèbre samouraï qui contribua activement à changer la face du Japon à la fin du shogunat Tokugawa... mais l'entrée de la plage a été fermée à cause du mauvais temps. Donc pas de sakamoto... mais une belle balade en petite Honda "vert-pomme-fluo!"

 

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Arrivés en ville,  Fusae achète une caissette de clémentines, juste pour m'en faire goûter.

A la caisse, l'employée vide la caissette fuit par fruit, pour vérifier qu'aucun n'est abîmé! Un autre monde..

Et c'est vrai qu'elles sont délicieuses!

 

Nous passons ensuite à la guesthouse pour que je récupère mes affaires pour aller au onsen. Poka Poka est aussi son établissement préféré! J'ai l'impression d'aller aux bains avec ma copine dans mon quartier...

Je fais tout comme elle, je m'enduis de sels au sauna et elle m'explique plein d'astuces de beauté... comme tout est en anglais, je ne suis pas sure d'avoir tout compris!

 

Après, nous avons faim! Elle nous amène dans un restaurant de Udon

 

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Je me régale avec une spécialité de la maison... et je réussis à payer le dîner!!!

 

Elle me ramène à ma guesthouse grâce à mon "google maps" qui semble plus efficace que son GPS qui raconte n'importe quoi... et Fusae semble avoir plus l'habitude de voyager en avion que de se repérer en voiture.

On a eu le temps de bien rire car on avait eu le temps de faire le tour de la ville avant que je sorte mon smartphone. Je lui fais promettre de venir à Vevey, ce qui n'est pas irréalisable pour une hôtesse de l'air. J'espère qu'elle viendra et je projette déjà de l'emmener dîner une fondue au Château de Gruyère.

Je suis triste de la quitter et je vais me coucher sous ma feuille de bananier... et sur une double couche de futon!

 

A bientôt pour la suite... une balade chargée d'émotions à vélo!



22/04/2017
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