JAPON: LE SOLEIL ROUGE

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OTOME TÔGE: le site historique des martyrs chrétiens

Au centre du village de Tsuwano se trouve l'église qui commémore le martyr des chrétiens déportés de Nagasaki durant la période trouble de la fin de fermeture du Japon au reste du monde.

Pour voir le site historique ou ces japonais furent torturés, il faut prendre une petite route serpentant dans la montagne jusqu'au lieu appelé Otome tôge.

Ce nom signifie "le col de la vierge". L'histoire raconte qu'il y a longtemps une jeune fille locale et un garçon de Tokyo s'aimaient mais qu'elle fut éconduite par la famille du riche jeune homme. Emportée par le chagrin, elle monta par le chemin de ce col et personne ne l'a jamais revue...

 

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Je vais commencer par quelques brefs rappels historiques...

Nous sommes en 1868, à la fin de l'ère Tokugawa qui isola le Japon aux yeux du monde pendant 264 ans,.L'Empereur Meiji vient d'être réinvesti de ses pouvoirs et à pris beaucoup de décisions pour moderniser le pays.

En ce qui concerne les croyances, le shintoïsme est devenue religion d'état, le bouddhisme a perdu le soutien gouvernemental et le christianisme continue d'être interdit.

Beaucoup de chrétiens ont réussi à traverser l'époque Tokugawa en cachant leur religion, transmettant leur foi à leur descendance. Le nouveau gouvernement a deux solutions: comme c'est interdit, passer tous les chrétiens par l'épée... ou faire preuve de tolérance en tant que peuple désormais civilisé.

Entre le côté drastique de la première solution et le "laxisme" de la deuxième, le pouvoir central décide une "politique de rééducation" qui commence par une série de conférences ayant pour but de leur faire comprendre qu'il est de leur intérêt spirituel d'abjurer en abandonnant Christ pour adopter Shintô..

Bien sur, ils refusent...

La suite est alors plus dramatique: 3500 chrétiens sont déportés de leurs maisons et répartis dans tout le Japon, par groupe d'une vingtaine d'individus dans le but d'être convertis de force.

Comme Tsuwano est un centre spirituel reconnu, il va recevoir plusieurs vagues de déportés et c'est dans le temple désaffecté de Korinji qu'ils seront soumis à un lavage de cerveau puis progressivement privés de nourriture, de vêtements et les plus résistants seront torturés à mort.

Une des tortures les plus abominables consistait à enfermer le supplicié nu dans une cage cubique de 90 centimètres et de le plonger dans l'eau glacée de l'étang...

 

On raconte que Yasutaro, un jeune homme de 30 ans fut enfermé dans cette cage et tour à tour explosé au gel et au feu, immergé dans l'étang et laissé la nuit dehors sous la neige pendant trois jours. Il a raconté à ses compagnons qu'il aurait résisté grâce à l'apparition d'une dame vêtue dune robe blanche et d'une cape bleue qui venait lui parler toutes les nuits...

Il est mort la quatrième nuit, emporté par la rigueur d'une tempête de neige.

 

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Le pouvoir central ne connaissait pas les mesures de barbarie extrêmes prises par les autorités de Tsuwano. Alerté par la plainte officielle du vice consul Britannique, il assouplira sa politique et les chrétiens seront libérés et pourront ensuite rentrer chez eux.

 

Dans cet endroit, 153 personnes ont été torturées pendant trois années et 36 y ont trouvé la mort.

 

Le temple a été rasé et à son emplacement une petite chapelle a été bâtie, en mémoire des disparus.

C'est une modeste réplique de Oura Tenshudo, le "temple français" de Nagasaki.

 

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Des stèles commémorent les tragiques événements qui se sont produits en ces lieux: 

 

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Le cimetière ou sont ensevelies les victimes de ces tortures est situé à distance de la chapelle, dans le vallon voisin de Sennintsuka, au bout d'un petit chemin qui court à flanc de montagne... 

 

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Une pauvre petite cabane permet de se recueillir quelques instants...

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Le cimetière à été édifié par les membres de la famille d'un des disparus qui ont taillé de leurs mains les 36 pierres qui constituent le monument d'origine, au centre.

Depuis, des plaques de marbre noir ont été rajoutées. Les épitaphes gardent en mémoire les noms des 36 disparus.

 

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Sur le chemin du retour j'étais comme accompagné par le silence inquiétant de la forêt de bambous dans une étrange atmosphère lugubre et apaisante.

 

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A bientôt...



05/11/2016
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