JAPON: LE SOLEIL ROUGE

JAPON: LE SOLEIL ROUGE

Nuit du nouvel an à Kyoto

Premier janvier, zéro heure à KYOTO. "OSHOGATSU": une nouvelle année commence!!! 

Pour inscrire durablement cet évènement dans notre mémoire, nous avons décidé de sonner les douze coups de minuit au sanctuaire YASAKA. Ou plutôt d'aller y écouter les cent huit coups de gong de la nouvelle année: "JOYA-NO-KANE". En effet, selon la croyance, chacun de ces sons est sensé chasser un des 108 mauvais esprits qui affligent continuellement les hommes. Une des tradition ancestrales Japonaise consiste donc à aller faire ses vœux chaque nouvel an.

En fait, pas si ancestrale que cela car le Japon n'a adopté le calendrier grégorien qu'en 1873. Auparavant, la nouvelle année commençait au début du printemps, comme dans toute l'asie.

Au fil du temps, cet évènement s'est considérablement amplifié et plus ou moins transformé en soirée festive.

Lorsqu'on sort de la gare de Gion Shijo, on aperçoit, à quelques centaines de mètres, l'imposante porte vermillon marquant l'entrée du sanctuaire YASAKA-JINJA au bout de l'avenue Shijo-Dori. On s'y dirige en laissant à notre droite le théâtre Minamiza, puis le quartier de Gion ou doivent œuvrer les emblématiques Geishas.



Nous avions pris la précaution d'arriver tôt, après avoir pris à l'appartement notre "pré"-OMISOKA, repas simple de réveillon composé de potage à base de miso et de soba (des nouilles de sarrasin). Nous savions qu'il y aurait du monde, beaucoup de monde. Nota, traditionnnellement, ce repas signifie que l'on a préparé la nouvelle année en rangeant sa maison, en mettant de l'ordre dans ses affaires et en réglant toutes ses dettes... Personnellement, je ne m'engage pas sur tout!

Vers 23h15, on s'est arrêtés à deux cents mètres du but, bloqués par la foule qui attendait déjà dans une ambiance bon enfant. Peu à peu, l'avenue s'est remplie derrière nous et la marée humaine dans laquelle on s'était fondus a attendu minuit, heure à laquelle les portes du sanctuaire s'ouvriraient.



Après un décompte bruyant, les cris de joie "AKEMASHITE OMEDOTO"!!!, les embrassades et les tapes amicales échangées pour marquer l'instant, la progression a pu reprendre, lentement.

Comme la foule arrivait également de la gauche du carrefour, on avançait lentement, par vagues successives, toutes les dix minutes environ, dans le calme et la discipline caractéristique du Japon. 

Seulement quelques dizaines de policiers régulait ce flot de marée humaine. Trois cordes, tenues par les membres des "forces de l'ordre" étaient tendues en travers de l'avenue à une trentaine de mètres l'une de l'autre. Ce simple dispositif suffisait pour déterminer la quantité de personnes qui serait autorisée à traverser le carrefour lorsque les précédents seraient tous entrés dans le sanctuaire. Je n'ai vu aucune bousculade, personne n'a tenté de passer sous la corde.
Je n'imagine même pas un seul instant un dispositif similaire en France. Ce serait plutôt deux rangées de CRS armés jusqu'aux dents et des camions avec canons à eau pour éviter l'émeute... 


New year Kyoto_0001 par fuchan1

Un rapide coup d'oeil en arrière jeté du haut des marches permet de voir le nombre impresionnant de personnes qui remplissait l'avenue. Le chiffre "officiel" donné aux informations télévisées du lendemain était compris entre 900 000 et 950 000 personnes... "suivant la police ou les manifestants, bien sur..."

 

Après avoir franchi la porte, nous sommes montés vers le sanctuaire.
Le côté commercial de l'évènement est absolument évident. Ce doit être la principale source de revenus du temple. Chaque amulette, plaquette ou vœu coute entre 200
et quelques milliers de yen. Les gens se pressent, font la queue pour acheter à des vendeuses en robe blanche et rouge, peut-être recrutées pour l'occasion...



New year Kyoto 2 par fuchan1

A remarquer, une fois de plus, qu'une partie des objets en vente est située à l'extérieur des stands, sur des présentoirs. Les clients choisissent, prennent l'objet et font la queue pour aller payer... combien passeraient à la caisse en France?


Plus loin, une nouvelle fois, nous sommes (encore!) retenus par une corde tendue par deux policiers. C'est le coeur du sanctuairee ou chacun peut faire une brève prière (après avoir lancé une pièce de 50 yen à travers la grille, bien entendu!). Les policiers ne laissent pas les fidèles s'attarder sur la place: les suivants arrivent déjà!!!


New year Kyoto 3 par fuchan1

L'accrochage de vœux qui constituent de belles guirlandes de papier. Bien entendu, les voeux sont achetés et les prières inscrites sont aléatoires. Je doute un peu de leur efficacité réelle!.



"OKERA MAIRI": Le feu sacré... enfin la tradition qui consiste à ramener chez soi le feu de YASAKA-JINJA après y avoir allumé l'extrémité d'une cordelette (certainement "sacrée" elle aussi... car payante!) q
ui se consumera lentement durant le trajet.

Ce feu brûlant dans des lanternes est issu de racines d'une plante médicinale, "OKERA" (Atractylis ovota) sensée pouvoir chasser les esprits maléfiques.



Il faisait très froid cette nuit là. Nous avons même eu quelques flocons de neige. Lorsque notre périple s'est achevé, nous avons été tentés par ce stand de Yakitori vantant les mérites du poulet fermier...


Mais nous étions attendus chez Obaachan pour manger les traditionnels mochi du nouvel an. Donc nous avons seulement fait une halte pour acheter du "AMAZAKE" brulant. Ce breuvage peu alcoolisé à base de riz fermenté ne vaut pas notre vin chaud savoyard, mais cela nous a bien réchauffés!


New year kyoto 4 par fuchan1

Il ne nous restait plus qu'à nous extirper de cette foule et rejoindre la station de métro de higashiyama pour nous rendre à Yamashina ku. 

Tsubasa et Obaachan avaient passé la soirée en regardant le programme télévisé de la chaine NHK. L'émission de variétés "KOHAKU" constitue le traditionnel programme de divertissement famillial pour la soirée du réveillon. Il regroupe la majorité des artistes majeurs de la chanson. Des anciennes "idoles incoutournables" y côtoient de nouveaux et parfois éphémères girls band. Certains viennent ici chaque année depuis près d'un demi-siècle... d'autres n'y feront qu'une seule apparition!

Nous allons enfin pouvoir déguster des mochi, boire un bon ocha bien chaud et nous délecter de quelques friandises traditionnelles!



Une soirée qui n'est pas prête de sortir de ma mémoire... Bonne Année!



27/12/2011
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