JAPON: LE SOLEIL ROUGE

JAPON: LE SOLEIL ROUGE

KÔSAN-JI (SHIMANAMI KAIDO: Balade à vélo de la mer de Seto (2))

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 Deuxième étape de ma balade à vélo sur le Shimanami kaido, la piste cyclable de la mer de Seto. (Première étape à voir ici)

     J'avais passé beaucoup de temps sur le site de Shirataki et j'ai préféré modifier mon parcours en supprimant la visite du château du « clan des pirates » Murakami Suigun qui régna en maître sur la mers de Seto pendant deux siècles, assurant la sécurité des navires marchands... moyennant le versement de péage, bien entendu..

 

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     La montée vers le château musée sera peut-être pour un autre voyage.

 

 

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     Plutôt que de traverser péniblement l'île par les montagnes, j'ai donc rapidement dévalé la pente pour rejoindre le bord de mer pour pouvoir pédaler tranquillement en direction de la troisième île de mon périple : Ikuchijima.

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     Un nouvel effort pour accéder à Ikuchibashi, rapidement traversé.

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     C'est vers midi que je suis arrivé à la petite ville de Setoda ou se trouve le lieu de visite de cette deuxième étape : le temple Kôsan-ji. J'ai déjà parcouru 35 kilomètres depuis le départ à Onomichi.
    En 1936, Kozo Kanemoto, un richissime industriel de Osaka qui avait fait fortune dans la fabrication de tubes d'acier, décida de bâtir un temple près du lieu ou se trouve la maison de sa mère qui venait de mourir. Cette entreprise lui prendra 30 ans et pour se consacrer entièrement à son projet, il a abandonné ses activités pour devenir devint moine en prenant le nom bouddhique de Kôsanji-Kozo afin d'édifier et administrer ce temple qu'il dédia à la mémoire de sa mère.

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     Ce n'est pas un temple familial ordinaire qu'il a construit. Il s'est inspiré des endroits qui l'avaient le plus marqués lors de ses voyages et a reproduit et même agrandi et embelli certains temples du Japon de toutes les époques. En découvrant Kôsan-ji, le visiteur connaissant les temples japonais a le sentiment d'avoir déjà vu ces bâtiments quelque part, emporté dans un tourbillon ou l'espace et le temps n'ont plus de signification.
     L'entrée se fait par une porte dont les décorations sont inspirées de celles du Shishinden au Palais Impérial de Kyoto...

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     On franchit ensuite la porte Chûmon bâtie suivant le design de la porte Rômon de Hôryû-ji à Nara...
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     La pagode de cinq étages est une copie de celle du temple Murô-ji à Nara...

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     On peut voir la parfaite symétrie de la cour avec deux bâtiments identiques situés en arrière plan. Ces bâtiment sont des musées ou sont exposés des objets  usuels très anciens.
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     Et ce n'est pas fini !

     Sur la vidéo précédente, vous avez certainement remarqué une porte en haut d'une volée de marches.  C'est vraiment un chef d’œuvre dont la construction a pris dix ans : la porte Kôyônomon, reproduction de la porte Yomeimon du Tôchô-gû de Nikko !

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     Une fois que l'on a fini d'admirer tous les détails des beautés décorant ce somptueux édifice, on arrive sur une grande place ou on fait face à une réplique du Byôdô-in de Uji...

 

 

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     Au total, ce sont une quinzaine de portes, pagodes, et bâtiments disséminés sur les 50000 mètres carrés du site qui sont aujourd'hui classés comme monuments remarquables.
     A droite du « Byôdô-in », on remarque une petite porte à franchir avec précaution...

 

 

 

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     C'est l'entrée d'une descente aux enfers qui nous mène une quinzaine de mètres sous terre ponctuée de tableaux montrant les souffrances qui attendent ceux qui y sont destinés. Une véritable caverne d'une longueur totale de 350 mètres avec une salle monumentale décorée de centaines de statues de bouddhas, une cascade, une rivière souterraine et des escaliers glissants.

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     Lorsqu'on parvient enfin à en sortir, on est éclairé par une monumentale reproduction de la statue de Guze Kannon, réplique de celle de Yumedono du temple Horyu-ji de Nara. Si l'originale mesure moins de deux mètres, celle-ci nous domine de ses quinze mètres !
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     On pense alors avoir tout vu...
     La colline qui domine cet ensemble n'est pas en reste, même si elle est dans un registre bien différent.
    Miraishin no oka, la Colline de l'Espoir, achevée en l'an 2000 est l’œuvre du sculpteur Kuetani Itto, originaire de Hiroshima. Pour réaliser ce chef d’œuvre, il a fait venir d'Italie 3000 tonnes de marbre blanc de Carrare pour les disposer à l'image des vestiges d'un temple méditerranéen. Au sommet de cet espace, la tour de lumière, disposée comme deux mains en supplication apportera de l'espoir aux générations à venir... elles en auront bien besoin.

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     Le chat céleste veille sur les lieux, comme bondissant à travers les blocs de marbre...
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     En redescendant vers le temple, une halte près d'une pagode permet des vues élevées de l'ensemble du site.
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     Il ne faut pas hésiter à se promener dans le jardin. Entre maisons de thé, pagodes vermillon et lanternes moussues, on franchira un petit étang sur un pont en arc, découvrant par hasard la beauté du visage de Kannon au détour d'une lanterne...

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Je pourrais multiplier les exemples à foison, chaque regard apportant son lot de surprise ou de tranquillité. Ou que l'on soit sur le site de ce temple, le regard est sans cesse captivé par un détail de cet ensemble magnifique.
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     Kôsan-ji est vraiment un endroit unique, né du cerveau génial de son concepteur, il permet à l'esprit du visiteur de vagabonder entre les époques et les lieux et montre tout l'amour filial de cet homme qui n'a pas hésité à changer de vie pour consacrer le reste de son existence à honorer la mémoire de sa mère.
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     C'est après plus de deux heures de découvertes incroyables que j'ai repris la route pour faire une dernière petite promenade en bord de mer avant de rentrer... avec une surprise au final...

     Ce sera le sujet du troisième volet de cette balade.

 

Kôsan-ji est ouvert tous les jours de l'année de 9h00 à 17h00

L'entrée coûte 1400 yens.



13/07/2019
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