En bref
Un onigiri coûte 130 à 250 yens, un sandwich aux oeufs autour de 280, un bento de konbini 500 à 750, un bol de gyudon chez Matsuya ou Sukiya 430 à 550 soupe miso comprise, un curry de base chez CoCo Ichibanya un peu moins de 600 yens. Une journée entière, konbini le matin, chaîne à midi et dîner un peu plus construit, tient entre 2 000 et 3 000 yens, soit 12 à 18 euros. Les trois grandes enseignes ne se valent pas : 7-Eleven pour le riz, FamilyMart pour son poulet frit, Lawson pour les desserts. La taxe passe de 8 à 10 % si tu manges dans le coin repas au lieu d’emporter, et les rabais de 20 à 50 % tombent au sous-sol des grands magasins vers 19h30. Le seul vrai piège tient aux boissons : trois canettes de distributeur par jour ajoutent 500 yens sans nourrir personne.
Manger pas cher au Japon n’a rien d’un exercice de privation, et c’est la première chose qui désoriente à l’arrivée. Ailleurs, le repas à moins de quatre euros suppose un compromis sur la propreté ou le goût. Ici, tu paies 500 yens un bol de riz au boeuf servi en quatre-vingt-dix secondes, dans une salle nettoyée toutes les heures. Je voyage dans l’archipel depuis vingt ans et j’y fais encore un repas par jour au konbini, pas par économie. Pour une vue d’ensemble, notre page sur ce qui se mange vraiment pendant un séjour fait ce travail ; celle-ci s’en tient aux adresses à moins de 1 000 yens et à leurs prix à l’unité.
Le konbini n’a rien d’une supérette française
Évacuons la comparaison tout de suite. Un konbini n’est pas une supérette de dépannage ouverte tard : c’est une cantine, un guichet de banque, un service postal et des toilettes propres, ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le pays en compte environ 55 000, plus que de bureaux de poste, et tu n’es jamais à plus de quatre minutes à pied de l’un d’eux.
Ce qui change vraiment, c’est la chaîne du frais : les plats préparés arrivent deux à trois fois par jour depuis des cuisines dédiées, avec des dates de péremption à l’heure près. Un onigiri fabriqué le matin quitte les rayons le soir même, et son riz est conservé à température intermédiaire pour ne pas durcir. Sur le comptoir chaud tournent le poulet frit, les croquettes et, d’octobre à mars, les bacs d’oden : oeufs mijotés, radis blanc, konjac, galettes de poisson, de 100 à 180 yens la pièce, piochés à la pince dans le bouillon.
L’équipement compte autant que le rayon : micro-ondes derrière la caisse, eau bouillante gratuite, baguettes et serviettes sans supplément. Un bol d’oden à 500 yens à 22 heures dans une rue de Kanazawa en février, ça m’a sauvé plus d’une soirée. Une nuance quand même : les légumes verts y sont rares et chers, le sel abonde, et trois jours de bento d’affilée donnent une lourdeur nette. Mon compromis : konbini le matin, chaîne à midi, quelque chose de cuisiné le soir.
Rayon par rayon, avec les prix à l’unité
Voilà ce que j’achète, avec des fourchettes 2026 qui bougent d’une trentaine de yens selon l’enseigne. Certains magasins annoncent le prix hors taxe : l’écart se découvre en caisse.
- Onigiri, de 130 à 250 yens. Thon-mayonnaise, prune salée ou saumon grillé tiennent sous 180. Deux onigiri et un thé font un petit-déjeuner à 400 yens.
- Sandwich aux oeufs, de 250 à 320 yens. Le tamago sando, pain de mie sans croûte et oeuf mayonnaise : celui de 7-Eleven reste le plus régulier.
- Bento, de 500 à 750 yens. Poulet teriyaki, porc pané, riz au curry, nouilles froides l’été. Au-delà de 800 yens, la chaîne assise fait mieux.
- Poulet frit au comptoir, de 230 à 290 yens. Le Famichiki de FamilyMart et le karaage-kun de Lawson se disputent le titre depuis vingt ans.
- Nouilles en pot, de 200 à 320 yens. Eau bouillante offerte. Un sachet de soupe miso à 150 yens rend un bento froid presque équilibré.
- Boissons, de 130 à 190 yens la bouteille de 500 ml, café filtre entre 120 et 190. Les distributeurs de rue facturent 20 à 40 yens de plus. Ce café de comptoir est correct et ne dit rien de la culture du café à la japonaise, qui se joue dans les kissaten et se paie trois à quatre fois ce prix.
- Desserts, de 250 à 400 yens : puddings, roulés à la crème, mochi glacés, dorayaki. Le rayon où Lawson gagne largement.
Deux détails pèsent sur l’addition. La taxe alimentaire est de 8 % à emporter et de 10 % si tu consommes dans le coin repas. Et sur les bento du soir, des étiquettes de rabais apparaissent dans les boutiques de quartier, souvent 20 % après 21 heures, sans rien de systématique.
7-Eleven, FamilyMart et Lawson : ce qui les sépare vraiment
7-Eleven, environ 21 000 boutiques, tient la meilleure gamme de riz et de sandwichs, et ses distributeurs acceptent le plus largement les cartes bancaires étrangères. FamilyMart, autour de 16 000 points de vente, se joue sur le comptoir chaud. Lawson, environ 14 000 boutiques, écrase les deux autres sur la pâtisserie et décline Lawson Store 100, où l’essentiel du rayon est à 100 yens hors taxe. Quand je loge une semaine quelque part, je repère la plus proche des trois avant de défaire ma valise.
Le gyudon, ou le repas chaud à moins de 600 yens
Le bol de riz couvert de boeuf mijoté aux oignons et au soja est la colonne vertébrale de la restauration bon marché. Trois chaînes se le partagent, plus de mille succursales chacune, souvent ouvertes en continu près des gares.
Yoshinoya, la plus ancienne, née en 1899 sur un marché aux poissons de Tokyo, sert un boeuf plus sucré ; le bol normal, le namimori, tourne autour de 500 à 550 yens, la grande portion vers 700 à 800. Sukiya joue la carte familiale avec un menu trois fois plus long : curry, anguille en saison, kimchi ou fromage, plateaux complets entre 700 et 900 yens. Matsuya est mon choix par défaut, pour une raison bêtement comptable : la soupe miso y est offerte, quand les deux autres la facturent 100 à 150 yens, et le bol de base descend souvent à 430 ou 460 yens.
Le fonctionnement est identique partout : borne à écran tactile et bouton anglais chez Matsuya, ticket posé sur le comptoir, commande à table sur tablette chez Yoshinoya et Sukiya. Sur la table attendent le gingembre rouge mariné, le shichimi et le thé glacé, gratuits et à volonté. On mange en dix minutes, on repose son bol, on ne laisse aucun pourboire : si ces réflexes ne te sont pas familiers, les bons gestes à avoir au moment du repas se résument à une poignée de règles.
Ces chaînes ne passent pas pour des cantines à touristes fauchés : salariés en costume à midi, chauffeurs de taxi à 3 heures du matin, comptoir individuel face au mur. Personne ne te regardera manger seule.
Curry, udon, ramen et sushis à tapis roulant
Au-delà du gyudon, quatre familles de chaînes couvrent deux semaines sans répétition. Toutes tiennent sous 1 200 yens, la plupart sous 900.
- CoCo Ichibanya pour le curry, plus de 1 200 restaurants. Base porc ou boeuf un peu en dessous de 600 yens, garnitures de 150 à 350 yens la pièce, poulet pané ou aubergine. Le piment se choisit de 1 à 10 et le riz se règle en grammes, 300 g compris. Un plat garni tombe entre 900 et 1 200 yens.
- Marugame Seimen pour l’udon en libre-service, environ 800 adresses. Plateau, bol annoncé au comptoir, kake udon chaud à 340 ou 420 yens, tempura à 130 à 180 yens la pièce, paiement au bout de la file. Repas complet à 700 yens.
- Le ramen de chaîne, très inégal. Hidakaya sert son bol autour de 450 à 600 yens et ses gyoza à 250 ; Ichiran et Tenkaippin montent à 1 000 ou 1 300. Ichiran vaut le détour une fois, sans plus que ça.
- Les sushis à tapis roulant, chez Sushiro, Hama Sushi ou Kura Sushi : l’assiette de base, deux pièces, entre 120 et 180 yens, commandée sur écran tactile. Dix assiettes et une soupe font 1 400 à 1 800 yens, du sushi honnête au prix d’une pizza surgelée.
J’ajoute deux outsiders. Saizeriya, chaîne italienne à la japonaise, sert des pâtes entre 400 et 600 yens et un verre de vin à 200 : imbattable le jour où tu satures du riz. Et Tenya, pour un bol de tempura sur riz à 700 ou 900 yens. Ces enseignes standardisent tout, ce qui fait leur force et leur limite : pour comprendre ce que chaque région met dans l’assiette, il faut sortir du réseau des chaînes.
Depachika du soir, teishoku de midi et stands de gare
Le meilleur rapport qualité-prix du pays n’est ni au konbini ni dans une chaîne, mais au sous-sol des grands magasins. Les depachika d’Isetan, Takashimaya ou Daimaru alignent des dizaines de comptoirs de traiteurs. En journée c’est cher, un plateau de sushis y dépasse 2 000 yens. Dans la dernière heure avant la fermeture, entre 19h30 et 20h30, les étiquettes de rabais sortent : 20 % d’abord, puis 30, puis la moitié.
La première fois que j’ai compris le mécanisme, c’était au sous-sol d’Isetan à Shinjuku, un jeudi vers 20 heures : un plateau de sushis affiché à 2 200 yens est parti à 1 100, un beignet de crevette à 380 yens a fini à 190. Depuis, j’y dîne deux ou trois soirs par séjour. Les supermarchés de quartier, Life ou Ozeki, font pareil, avec des bento tombés à 300 yens.
Deuxième réflexe, le teishoku de midi. Le plateau complet, riz, soupe, légumes marinés et plat principal, coûte 800 à 1 100 yens entre 11h30 et 14 heures, contre 1 600 à 2 000 le soir dans le même établissement. Yayoiken et Ootoya fonctionnent ainsi, riz à volonté chez le premier. Déjeuner tard et dîner léger reste le meilleur arbitrage du voyage.
Troisième réflexe, les stands de gare. Les comptoirs de soba debout, les ekisoba, servent un bol chaud à 350 ou 500 yens en trois minutes, tempura de crevette pour 150 de plus, et les employés de bureau y font la file du matin à Shinjuku comme à Ueno. L’écart avec la France se mesure là : chez Abri Soba, à Paris, le même bol se paie plusieurs fois ce prix. Les ekiben, ces coffrets vendus 1 000 à 1 600 yens, se paient pour le trajet en shinkansen, pas pour l’économie.
Une journée type chiffrée, et ton budget repas réel
Assez de fourchettes, prenons une journée entière à Tokyo, en formule économique mais sans se priver. Petit-déjeuner au konbini, deux onigiri et un café : 420 yens, à comparer avec le petit-déjeuner japonais complet, riz, poisson grillé et soupe, facturé 1 500 à 2 500 yens dans un hôtel. Bouteille de thé pour la matinée : 150. Déjeuner chez Matsuya, gyumeshi normal, soupe miso incluse et un oeuf cru : 540 yens. Boisson de l’après-midi et un dessert de Lawson : 480. Dîner chez Marugame Seimen, udon chaud et deux tempura : 690 yens. Total : 2 280 yens, environ 14 euros au cours de 2026.
Monte d’un cran : déjeuner en teishoku à 950 yens, dîner de sushis à tapis roulant à 1 500, boissons à 400, soit 3 270 yens avec le même petit-déjeuner, autour de 20 euros. En mode strict, deux repas de konbini et un bol de soba de gare, tu tiens à 1 500 yens, mais tu le paies en énergie.
Ma recommandation, après avoir tenu ces comptes sur des séjours entiers : provisionne 2 500 à 3 000 yens par jour, 15 à 18 euros, et compte le reste comme du restaurant plaisir. Sur quatorze jours, cela fait 35 000 à 42 000 yens par personne, environ 210 à 250 euros, moins que le transport et très loin de l’hébergement. La nourriture n’est pas ce qui coûte cher ici : pour situer cette ligne face aux autres, la note complète d’un séjour de deux semaines détaille l’ensemble des postes.
Trois erreurs coûtent plus cher que le reste. Les boissons prises au distributeur de rue plutôt qu’au konbini : 30 yens de plus, trois fois par jour, quinze jours, soit 1 350 yens envolés. Les restaurants à moins de deux cents mètres d’une attraction majeure, où la même assiette coûte 40 % de plus. Et les plats préparés achetés en pleine journée dans un grand magasin.
Questions fréquentes
Peut-on manger au konbini tous les jours sans le regretter ?
Oui, et beaucoup de Japonais le font. Un bento apporte du riz, une protéine grillée et des légumes marinés ; un sachet de miso à 150 yens y ajoute la soupe. Le problème n’est pas l’hygiène mais le sel et l’absence de légumes verts. Mon garde-fou : une salade à 300 yens tous les trois jours.
Combien prévoir par jour pour se nourrir au Japon en 2026 ?
Compte 2 000 yens par jour en mode konbini et chaînes, environ 12 euros, et 3 000 yens pour un vrai repas chaud à midi et le soir, autour de 18 euros. En dessous de 1 500 yens, tu manges mal et tu le sens dès le quatrième jour. Au-dessus de 4 000, tu paies un restaurant de quartier : ce n’est plus la même catégorie.
Peut-on manger sur place dans un konbini ?
Souvent oui. Une partie des boutiques, surtout en périphérie et dans les gares, dispose d’un comptoir avec tabourets, micro-ondes et eau bouillante gratuite. La caissière te demandera si tu manges sur place : réponds honnêtement, la taxe passe de 8 à 10 %, une dizaine de yens sur un bento. En centre-ville, la place manque souvent.
Comment commander chez Yoshinoya ou Matsuya sans parler japonais ?
Chez Matsuya et dans la plupart des chaînes de nouilles, tu passes par une borne à l’entrée : écran tactile, photos, bouton anglais, paiement en espèces ou par carte IC, puis tu poses le ticket sur le comptoir. Chez Yoshinoya et Sukiya, tu commandes assis, sur tablette. Deux mots suffisent : namimori pour la portion normale, omori pour la grande.
Sources
- Japan Guide, fiches pratiques et retours de terrain
- JNTO, office national du tourisme japonais
- Japan National Tourism Organization, informations officielles
Article rédigé à partir de séjours réels au Japon. Les tarifs, horaires et conditions d’entrée évoluent vite : vérifie toujours l’information officielle avant de réserver.

