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Golden Week et jours fériés : les périodes à éviter au Japon

En bref

Trois périodes seulement posent un vrai problème au Japon : la Golden Week, de la fin avril au début mai, Obon à la mi-août, et le Nouvel An, de la fin décembre au début janvier. Les dates bougent chaque année selon le jour où tombent les fériés, mais le mécanisme ne change pas : 120 millions de personnes prennent leurs congés en même temps. Compte des hôtels 50 à 100 % plus chers, des Shinkansen dont les places partent en quelques minutes un mois avant, des voitures non réservées à 150 ou 200 % et 30 à 50 kilomètres de bouchons sur les autoroutes. Au Nouvel An, la moitié des restaurants, des musées et des administrations ferment quatre à six jours. La parade tient en une phrase : décale d’une semaine. Les dix jours qui suivent la Golden Week sont parmi les plus agréables de l’année, et la seconde quinzaine de janvier reste la moins chère.

Un pays de 120 millions d’habitants qui part en vacances la même semaine, ça ne ressemble à rien de ce qu’on connaît en Europe. La Golden Week au Japon empile quatre jours fériés en huit jours et forme, avec Obon et le Nouvel An, le trio de dates où tout se réserve et change de prix. Ces périodes ne rendent pas le voyage impossible : elles le rendent cher et lent, ce qui est pire. Si tu en es encore à peser les arbitrages saison par saison pour un séjour au Japon, commence par là ; cette page-ci ne s’occupe que du calendrier des jours à contourner.

Seize jours fériés, et trois périodes qui comptent

Le Japon compte seize jours fériés nationaux, cinq de plus que la France. Pris un par un, ils ne gênent personne : banques et administrations ferment, mais les trains roulent, les temples ouvrent, et les musées fermés le lundi décalent leur relâche au lendemain. Un férié isolé au Japon, c’est un dimanche de plus.

Le problème vient de la concentration. Les salariés japonais consomment historiquement une petite moitié de leurs congés payés et partent quand l’entreprise ferme, pas quand ça les arrange. Au lieu d’un étalement sur trois mois, le pays entier bouge pendant trois fenêtres très courtes. C’est cette synchronisation, pas le nombre de fériés, qui sature tout.

Deux règles déforment le calendrier chaque année et expliquent pourquoi un même bloc fait cinq jours une année et dix la suivante. Le furikae kyujitsu reporte au lundi un férié tombant un dimanche ; le kokumin no kyujitsu chôme une journée ouvrée coincée entre deux fériés. Quatre fériés ont en plus été calés sur un lundi par le système dit Happy Monday. Pour comparer les mois entre eux, va voir le tour d’horizon des douze mois de l’année ; ici, on ne regarde que les pics.

  • Golden Week, fin avril et début mai : le pic absolu, tous les curseurs dans le rouge.
  • Obon, autour du 13 au 16 août : migration intérieure massive, villes encore vivables.
  • Nouvel An, du 29 décembre au 3 janvier : la seule période où le pays ferme pour de bon.

Golden Week : ce qui s’enchaîne fin avril et début mai

Quatre fériés fixes en forment l’ossature : le 29 avril, Showa no hi ; le 3 mai, Kenpo kinenbi, jour de la Constitution ; le 4 mai, Midori no hi, la fête de la verdure ; le 5 mai, Kodomo no hi, la fête des enfants et des banderoles en forme de carpe. Les 30 avril, 1er et 2 mai sont ouvrés sur le papier, mais beaucoup d’entreprises offrent le pont : selon l’alignement des week-ends, le bloc va de cinq à dix jours, et quand il se casse en deux, ce sont deux vagues de départs au lieu d’une.

Côté transports, le choc est brutal. Les places de Shinkansen s’ouvrent un mois jour pour jour avant le départ, à 10 heures heure japonaise, et les trains du matin sur l’axe Tokaido partent en quelques minutes. Sur les journées de pointe, JR bascule les Nozomi et les Mizuho en tout-réservé : sans réservation, tu ne montes pas. Ailleurs, l’occupation des voitures non réservées grimpe à 150, parfois 200 %, soit deux heures debout dans le couloir. Les autoroutes alignent 30 à 50 kilomètres de bouchons, et les vols intérieurs doublent ou triplent. Le long-courrier depuis l’Europe suit le même mouvement : les méthodes qui font baisser un billet vers l’Asie donnent nettement moins sur ces dix jours-là que sur une semaine ordinaire.

Mon erreur de débutante, un 3 mai : arriver à la gare de Tokyo sans réservation, persuadée qu’un Hikari finirait par avoir de la place. J’ai laissé passer trois trains avant de monter debout dans le quatrième, deux heures vingt jusqu’à Kyoto, coincée près des toilettes. Depuis, la réservation à J-30 n’est plus négociable.

Côté hébergement, un business hotel correct de Kyoto loué 12 000 à 15 000 yens la nuit en temps normal demande 25 000 à 35 000 yens pendant la Golden Week, et les ryokan de Hakone imposent souvent deux nuits minimum avec repas. Autant le savoir : sur ces dates, les leviers qui allègent d’ordinaire la note d’un séjour ne rendent plus grand-chose, parce que c’est la demande, pas ton mode de réservation, qui fixe le prix. Ce qui ferme est plus limité qu’on ne le croit : banques, administrations, cliniques, petits commerces, et les restaurants du quartier d’affaires de Shinbashi, désertés par leurs salariés. Les musées restent ouverts, les parcs à thème affichent deux à trois heures d’attente.

Obon, la grande migration de la mi-août

Obon n’est même pas un jour férié officiel. C’est une fête bouddhique, celle du retour des âmes des ancêtres, célébrée du 13 au 16 août dans la majeure partie du pays, en juillet dans une partie de Tokyo. Un seul férié légal la borde, Yama no hi, le 11 août, et il suffit à allonger le bloc : quantité d’entreprises ferment du 11 au 16, seule vraie semaine de vacances d’été des salariés japonais.

Ce n’est pas un afflux touristique mais une migration intérieure : les gens rentrent au village, nettoient la tombe familiale, allument un feu d’accueil devant la maison. Les flux vont des métropoles vers les campagnes, avec un pic de départ entre le 10 et le 12 août et un retour massif, le fameux U-turn rush, entre le 15 et le 17. Les Shinkansen vers le Tohoku et le Kyushu affichent complet, et les mêmes 40 kilomètres de bouchons réapparaissent. Tokyo se vide et devient étrangement calme ; Kyoto, elle, pas du tout.

Le vrai obstacle d’août n’est pas la foule, c’est le thermomètre : 33 à 36 degrés l’après-midi, 70 % d’humidité, des nuits au-dessus de 25 degrés en ville. La contrepartie est réelle, c’est la saison des matsuri. L’Awa Odori de Tokushima danse du 12 au 15 août devant environ un million de spectateurs, et le 16 au soir Kyoto allume les cinq brasiers du Gozan no Okuribi sur ses collines. Les hôtels prennent 30 à 60 %, moins qu’en Golden Week : Obon reste le plus supportable des trois blocs, à condition de rester en ville.

Le Nouvel An, la seule période où le pays ferme vraiment

Seul le 1er janvier est férié. Mais les administrations ferment officiellement du 29 décembre au 3 janvier, et le privé suit largement : banques, bureaux de poste, musées nationaux, cliniques, marchés couverts et une bonne moitié des restaurants indépendants. C’est la seule période de l’année où parler de fermeture du pays n’a rien d’exagéré.

Un 1er janvier à Kanazawa, j’ai marché quarante minutes pour trouver de quoi dîner : marché d’Omicho bouclé jusqu’au 4, izakaya rideau baissé, un konbini pour seul commerce éclairé du quartier. J’ai dîné d’oden de supermarché à 1 200 yens sur un banc, et ce n’était honnêtement pas la pire soirée du voyage. Retiens le principe : les konbini n’arrêtent jamais, et les grands magasins rouvrent dès le 1er ou le 2 janvier pour écouler leurs fukubukuro.

Les sanctuaires, eux, tournent à plein régime. Le hatsumode, la première visite de l’année, se fait entre le 1er et le 3 janvier : Meiji Jingu reçoit environ trois millions de personnes sur ces trois jours. Les grandes lignes de Tokyo roulent toute la nuit du 31 décembre, ce qui n’arrive jamais autrement. Les pics de Shinkansen tombent les 29 et 30 décembre à l’aller, les 2 et 3 janvier au retour, et les ryokan pratiquent un tarif de fête qui dépasse souvent le double.

C’est pourtant la période que je défends le plus volontiers. Du 1er au 3 janvier, les rues de Tokyo sont vides, l’air d’hiver est sec, le mont Fuji se voit depuis les tours de Shinjuku, et les 108 coups de cloche à minuit ne se rejouent nulle part ailleurs. La condition tient en une ligne : accepte de mal manger pendant trois jours.

Silver Week, Marine Day et les ponts qu’on ne voit pas venir

Les fériés isolés ne ruinent pas un voyage, mais ils font disparaître les chambres d’un village thermal et remplissent les trains du vendredi soir. Quatre d’entre eux ont été calés sur un lundi par le système Happy Monday, qui fabrique des week-ends de trois jours à répétition.

  • Umi no hi, la fête de la mer, troisième lundi de juillet : elle ouvre les vacances scolaires et remplit les trains vers Okinawa.
  • Yama no hi, le 11 août : collée à Obon, elle transforme la mi-août en bloc de six jours.
  • Keiro no hi, troisième lundi de septembre, et Shubun no hi, l’équinoxe autour du 22 ou 23 : deux ponts rapprochés.
  • Sports no hi, deuxième lundi d’octobre : trois jours chômés dans la meilleure météo de l’année, ryokan de montagne complets.
  • Bunka no hi le 3 novembre et Kinro kansha no hi le 23 : les deux ponts qui déversent le Japon sur Kyoto au pic des érables.

La Silver Week est le cas particulier à surveiller. Certaines années seulement, le troisième lundi de septembre tombe le 21 et l’équinoxe le 23 : le 22, coincé entre deux fériés, devient chômé à son tour et cinq jours s’enchaînent. Le phénomène ne revient que quelques fois par décennie, mais il ressemble alors à une petite Golden Week d’automne. Vérifie ce point si tes dates tombent en septembre.

Ma règle pour ces ponts courts : réserve les nuits, pas les journées. Trois jours chômés ne changent rien à la fréquentation d’un musée de Tokyo, mais ils vident les disponibilités de Hakone, de Nikko et de Takayama. Déplace-toi le jeudi ou le mardi, tu ne verras pas la différence.

Décaler d’une semaine : ce que tu gagnes vraiment

La méthode tient en trois gestes : repérer les trois blocs sur le calendrier officiel de ton année, vérifier les reports de fériés, puis pousser tes dates de sept à dix jours. Les gains n’ont rien de marginal.

  • Après la Golden Week, du 6 au 20 mai : les tarifs retombent au niveau de base en deux ou trois jours, il fait 20 à 25 degrés, les rizières viennent d’être mises en eau et réfléchissent le ciel. Kyoto donne l’Aoi Matsuri le 15 mai. Ma quinzaine préférée de l’année.
  • Autour d’Obon : reculer à la fin août règle la foule, pas la chaleur ni les typhons. Glisse jusqu’à la mi-octobre si tu peux, tu changes de saison plutôt que de semaine.
  • Après le Nouvel An, du 8 au 20 janvier : la fenêtre la moins chère de l’année. Vols et hôtels au plancher, ciel sec, neige au nord, temples rendus au silence.

Attention au sens dans lequel tu décales au printemps : repousser jusqu’à la mi-juin te fait tomber dans le tsuyu, et je détaille ailleurs si la saison des pluies mérite qu’on la fuie. La première quinzaine de juin reste très correcte au nord de Tokyo.

Si tes dates sont bloquées par les vacances scolaires ou par un employeur, quatre réflexes limitent les dégâts. Choisis une base unique et rayonne en trains locaux, quitte à renoncer au grand circuit du type dix jours de traversée du pays en train, qui suppose justement de pouvoir changer de ville tous les deux jours. Réserve tes Shinkansen à J-30 pile, à 3 heures du matin heure française. Bloque tes nuits quatre à six mois avant. Et bouge les jours creux du milieu de bloc, les 1er et 2 mai plutôt que le 29 avril ou le 3 mai.

Reste la question honnête : venir exprès pendant la Golden Week, ça se défend ? Parfois, pour des raisons florales. Les glycines du parc d’Ashikaga et les némophiles du Hitachi Seaside Park atteignent leur pic sur ces dix jours, comme les shibazakura du lac Kawaguchi, et les cerisiers tardifs de Hakodate fleurissent début mai, six semaines après Kyoto. Mon arbitrage : si tu subis ces dates, reste sur un axe court et oublie les trains longue distance ; si tu as le choix, décale, tu paieras un tiers de moins pour deux fois plus de calme.

Questions fréquentes

Quelles sont les dates exactes de la Golden Week au Japon ?

Quatre jours fériés sont fixes : le 29 avril, puis les 3, 4 et 5 mai. Le bloc réel s’étale sur cinq à dix jours, et un férié tombant un dimanche reporte un jour chômé au lundi suivant. Les 30 avril, 1er et 2 mai restent ouvrés sur le papier, mais beaucoup d’entreprises ferment quand même. Vérifie le calendrier officiel de ton année avant de bloquer tes dates.

Faut-il vraiment éviter le Japon pendant la Golden Week ?

Si tu comptes bouger, oui : les Shinkansen partent complets, les voitures libres montent à 150 ou 200 % et les hôtels doublent. Si tu restes dans une seule ville sans train longue distance, c’est tenable, et Tokyo se vide même d’une partie de ses habitants. Le vrai problème n’est pas la foule, c’est l’impossibilité d’improviser un déplacement.

Tout est-il fermé au Japon pendant Obon et le Nouvel An ?

Non, et les deux périodes n’ont rien à voir. Pendant Obon, seuls les petits commerces de quartier ferment trois ou quatre jours : chaînes, grands magasins et musées restent ouverts. Le Nouvel An est la vraie fermeture, du 29 décembre au 3 janvier : administrations, banques, musées et la moitié des restaurants baissent le rideau. Les konbini, eux, n’arrêtent jamais.

Quand réserver ses trains et ses hôtels pour ces périodes ?

Les hébergements, quatre à six mois avant : les chambres correctes de Kyoto et de Takayama partent les premières. Les places de Shinkansen s’ouvrent un mois jour pour jour avant le départ, à 10 heures heure japonaise, soit 3 heures du matin en France, et les trains des jours de pointe se remplissent en quelques minutes. Vise la première minute d’ouverture.

Sources

Article rédigé à partir de séjours réels au Japon. Les tarifs, horaires et conditions d’entrée évoluent vite : vérifie toujours l’information officielle avant de réserver.

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