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Préparer son voyage

Que mettre dans sa valise pour le Japon : la liste

En bref

Au Japon, on marche 15 à 20 km par jour et on se déchausse six à dix fois : les chaussures et les chaussettes pèsent plus lourd dans un séjour que tout le reste de la valise. Les hôtels d’affaires fournissent pyjama, brosse à dents, rasoir, shampoing, serviettes et sèche-cheveux, et lavent ton linge pour 200 à 300 yens la machine : quatre à cinq jours de vêtements suffisent pour trois semaines. L’été monte à 34 degrés avec 70 à 80 % d’humidité, l’hiver descend vers 2 degrés dans un air sec, et les intérieurs sont chauffés ou climatisés à fond. Au-delà du 42, chaussures et vêtements deviennent difficiles à trouver sur place. Garde 5 à 8 kg de marge pour le retour, et vérifie la réglementation japonaise sur les médicaments avant de partir.

Faire sa valise pour le Japon ne ressemble pas à préparer un séjour en Italie, et pas pour les raisons qu’on imagine. Le climat compte moins que deux détails de la vie quotidienne : on y marche énormément et on s’y déchausse tout le temps. Le reste s’achète sur place, souvent mieux et moins cher qu’ici. Si tu en es encore aux formalités, toutes les étapes à cocher avant de partir sont détaillées ailleurs ; ici, on ouvre la valise et on la remplit.

Ce que le Japon change vraiment dans une valise

Premier chiffre : on marche entre 15 et 20 km par jour sans s’en rendre compte. Les gares sont des villes : une correspondance à Shinjuku, c’est huit cents mètres de couloir. Un mardi d’octobre à Kyoto, entre Fushimi Inari et le sud de Gion, mon téléphone affichait 24 800 pas à 19 heures. Une valise se prépare pour ce rythme-là, pas pour une semaine de plage.

Deuxième chiffre : tu vas te déchausser six à dix fois par jour. Temples à plancher, ryokan, izakaya au sol de tatami, ces nattes de paille de riz qu’on ne foule qu’en chaussettes, cabines d’essayage. Tout ce qui se lace te coûte vingt secondes, et tes chaussettes seront vues, longuement, par les gens derrière toi. Mon erreur de débutante : une paire de bottines à lacets emportée en novembre, six temples dans la même journée à Kyoto, assise sur la marche à relacer pendant que la file me contournait.

Troisième point, celui qui allège tout le reste : la lessive. Les hôtels d’affaires ont deux ou trois machines en libre-service, autour de 200 à 300 yens le lavage et 100 yens les vingt minutes de séchage. Quatre à cinq jours de vêtements suffisent donc pour trois semaines. Un soir à Kanazawa, j’ai lancé une machine à 21 heures : tout était sec et plié avant minuit pour 300 yens.

Dernier point, le seul qui justifie de charger sa valise : ce qui manque sur place. Au-delà du 42 européen, soit 27 cm au Japon, une boutique de quartier te sortira deux modèles, pas dix. Même chose pour les vêtements au-delà d’un 42 français. C’est là que tu prends de la marge, pas sur les t-shirts.

Chaussures et chaussettes : là où se joue le séjour

Une seule règle : des chaussures déjà faites à ton pied, jamais neuves, qui s’enfilent presque sans les mains. Baskets de running souples, mocassins à semelle épaisse, bottines à zip latéral. J’emporte deux paires, jamais trois : une pour marcher, une de secours, sachant qu’une paire trempée met vingt-quatre heures à sécher dans une chambre à 20 degrés.

  • Une paire de marche rodée, portée au moins vingt fois avant le départ
  • Une seconde paire plus légère, ou des sandales fermées en été
  • Cinq à sept paires de chaussettes en bon état, plus une dans le sac
  • Des socquettes fines pour l’été, quand le pied transpire dès 9 heures
  • Des pansements anti-ampoules achetés en France, plus simples à choisir qu’en drugstore

Les tongs, non : on marche trop et beaucoup d’allées de temples sont en gravier. En hiver, à Tokyo et dans le Kansai, la neige reste rare et une chaussure imperméable suffit. À Sapporo en janvier, les crampons amovibles à 1 000 yens sur place valent mieux que des bottes venues de Paris.

Les vêtements, saison par saison

Un seul principe : superposer. Les intérieurs sont chauffés ou climatisés à fond, jamais à moitié : en janvier, tu passes d’un trottoir à 3 degrés à un métro à 24 ; en août, d’une rue à 34 degrés à un konbini à 21. Le socle ci-dessous couvre quatre à cinq jours.

  • Quatre à cinq hauts, deux bas confortables, une tenue habillée pour un dîner
  • Une veste légère coupe-vent, pour le vent le long des rivières
  • Cinq jeux de sous-vêtements, de quoi tenir jusqu’à la lessive
  • Une serviette de la taille d’un mouchoir : peu de toilettes publiques ont un sèche-mains
  • Un sac pliable : les sacs plastiques sont payants, 3 à 5 yens

Printemps, de mars à mai

La saison la plus instable. À Tokyo fin mars, la journée oscille entre 9 et 18 degrés et tombe d’un coup vers 18 heures : un hanami finit assis sur une bâche à 10 degrés. Une doudoune très fine, un pull léger et une écharpe suffisent. Le pollen de cèdre culmine de la mi-février au début avril : prends tes antihistaminiques.

Été, de juin à septembre

Le sujet n’est pas la chaleur mais l’humidité : Tokyo tourne entre 30 et 34 degrés avec 70 à 80 % d’humidité, et les nuits d’août descendent rarement sous 25. Le tsuyu, la saison des pluies, court de début juin à la mi-juillet. Le coton épais ne sèche jamais : matières fines à séchage rapide, couleurs qui ne marquent pas la transpiration, deux hauts de plus que d’habitude. Le parapluie s’achète 500 yens au konbini.

Automne, d’octobre à novembre

La saison la plus simple à habiller. Kyoto en novembre tient entre 8 et 17 degrés, l’air est sec et le ciel dégagé une fois les typhons calmés. Une veste, un pull et un t-shirt à manches longues couvrent trois semaines. Les matinées piquent dans les temples, planchers glacés : c’est là que les chaussettes épaisses servent. Septembre s’habille comme l’été.

Hiver, de décembre à février

Le froid du versant Pacifique est sec et supportable : Tokyo évolue entre 2 et 10 degrés, Kyoto un peu en dessous. Ce qui surprend, c’est l’absence d’isolation : restaurants chauffés par un climatiseur au plafond, couloirs de ryokan qui ne le sont pas. Inutile d’acheter l’équipement en France, les sous-vêtements techniques d’Uniqlo coûtent autour de 1 500 yens dans les grandes gares et les chaufferettes kairo environ 100 yens pièce. Hokkaido garde la neige au sol de décembre à mars.

Ce que l’hôtel fournit, et la petite valise qui en découle

C’est le poste où les valises françaises transportent le plus de kilos inutiles. Dans un hôtel de chaîne, entre 8 000 et 12 000 yens la nuit, tu te passes de la moitié de ta trousse de toilette.

  • Pyjama ou yukata, cette tenue de coton qui se croise toujours gauche sur droite, changé chaque jour dans certaines chaînes
  • Brosse à dents, dentifrice, rasoir, coton-tiges, parfois un peigne
  • Shampoing, après-shampoing et gel douche en distributeurs
  • Serviettes de bain, sèche-cheveux dans la chambre
  • Bouilloire, thé, et un humidificateur dans les chaînes du nord

À laisser en France : la serviette de bain, le sèche-cheveux qui souffle tiède en 100 volts, le pyjama et les gros flacons. Les auberges de jeunesse, elles, facturent la serviette 100 à 200 yens.

La conséquence tient en une phrase : tu peux partir petit. Ma configuration depuis des années, été comme hiver : un bagage cabine de 55 cm et un sac à dos de 20 litres pour trois semaines. Les gares justifient ce choix à elles seules, escaliers et ascenseurs à l’autre bout du quai. Le takkyubin fait le reste : pour 2 000 à 2 500 yens, une valise part de Tokyo le matin et attend à Kyoto le lendemain.

Reste l’argument décisif : la place pour les achats. Papeterie, céramique, thé, rayons à 110 yens chez Daiso, étages de Don Quijote. Décider avant de partir ce qui vaut vraiment la peine d’être rapporté évite d’acheter au poids le dernier jour. Compte 5 à 8 kg au retour : je pars à 11 ou 12 kg et je rentre à 19 ou 20, sous la franchise de 23 kg. Partir avec une valise pleine, c’est payer un excédent à Haneda.

Le bon réflexe : pèse ta valise vide avant de la remplir, parce que deux kilos de coque en trop sont deux kilos d’achats en moins au retour ; sous 3 kg pour un format 55 cm, tu peux choisir une valise cabine légère et rigide et garder ta franchise pour ce que tu rapportes.

Papiers, argent et électricité : la pochette qui ne quitte pas le sac

Cette pochette voyage en cabine, jamais en soute, et se prépare la semaine d’avant, pas la veille au soir.

  • Passeport valable pour toute la durée du séjour, plus une photo de la page d’identité dans ta boîte mail
  • Visit Japan Web rempli avant le vol : les QR codes d’immigration et de douane prennent dix minutes
  • Billet retour ou preuve de sortie du territoire, demandé parfois à l’embarquement
  • Attestation d’assurance et numéro d’assistance imprimés, pas seulement dans le cloud
  • Permis international ou traduction officielle si tu conduis : le permis français seul ne suffit pas
  • Une carte bancaire sans frais, une seconde rangée ailleurs, et 10 000 yens en espèces dès l’arrivée

Sur l’argent, la carte passe désormais presque partout en ville. Mais les petits restaurants, les entrées de temple autour de 500 yens et les casiers de consigne restent en pièces : un porte-monnaie à compartiment n’est pas un gadget. Les retraits se font aux distributeurs des 7-Eleven et de la Poste, qui acceptent les cartes étrangères là où beaucoup de banques les refusent. Ce qui compte plus que la somme emportée, c’est la couverture derrière : une consultation aux urgences se règle d’avance au Japon, et comparer les garanties santé et bagages vaut une demi-heure avant le départ.

Côté électricité, trois données suffisent : prises de type A à deux broches plates, 100 volts, 50 Hz à Tokyo et 60 Hz à Osaka. Les chargeurs modernes acceptent 100 à 240 volts : un simple adaptateur suffit, 3 à 5 euros en France ou 200 yens au konbini. Les appareils chauffants européens, eux, chauffent mal ou grillent. La batterie externe voyage obligatoirement en cabine, sous 100 Wh.

Trousse à pharmacie, et ce que je ne mets plus dans ma valise

La trousse tient dans une pochette de la taille d’un plumier. On trouve de tout dans les drugstores japonaises, mais les notices sont en japonais et les dosages diffèrent des nôtres : pars avec ce que tu connais.

  • Pansements classiques et anti-ampoules, en quantité
  • Ton antidouleur et ton anti-diarrhéique habituels, dans leurs boîtes
  • Tes traitements pour tout le séjour, avec l’ordonnance traduite en anglais
  • Désinfectant, pastilles pour la gorge, réhydratation en été
  • Protection solaire et anti-moustique de juin à septembre
  • Bouchons d’oreilles et masque de nuit, en vol comme près d’une voie ferrée

Le point à ne pas traiter à la légère concerne l’import des médicaments. La réglementation japonaise est nettement plus stricte que la nôtre, et certaines molécules parfaitement banales dans une pharmacie française y sont restreintes, voire interdites, même en petite quantité pour un usage personnel. Cela vaut en vente libre comme sur ordonnance. La seule méthode fiable : vérifier ta liste, produit par produit, auprès des autorités japonaises avant de partir. Le ministère de la Santé publie la procédure. Au-delà de certaines quantités, une autorisation préalable existe, à demander en amont, et son instruction prend des semaines. Transporte l’ensemble en cabine, avec l’ordonnance.

Le vol lui-même mérite deux objets, pas davantage : un masque de nuit et une paire de bouchons. Douze heures d’avion et huit heures de décalage se gèrent avec la lumière et les repas plutôt qu’avec des gadgets, et la méthode pour encaisser le décalage sans perdre deux journées est détaillée à part. Garde une tenue de rechange en cabine, au cas où.

Ce que j’ai arrêté d’emporter, après une vingtaine de séjours : le parapluie, la serviette de bain, le guide papier de 800 grammes et la troisième paire de chaussures. Ma règle en fermant la valise : si l’objet coûte moins de 1 000 yens sur place et se trouve dans un konbini, il reste à la maison. Tes chaussures, tes chaussettes, tes traitements et tes papiers méritent le soin inverse : ce sont les seuls postes qu’un voyage au Japon ne pardonne pas.

Questions fréquentes

Quelle taille de valise faut-il pour trois semaines au Japon ?

Un bagage cabine de 55 cm suffit, et c’est ce que j’emporte depuis des années. La lessive en hôtel coûte 200 à 300 yens la machine : quatre à cinq jours de vêtements couvrent tout le séjour. Les gares imposent escaliers et longues correspondances, et le takkyubin revient à 2 500 yens de Tokyo à Kyoto.

Que fournissent déjà les hôtels japonais ?

Dans un hôtel d’affaires à 8 000 ou 12 000 yens la nuit : pyjama ou yukata, brosse à dents, dentifrice, rasoir, shampoing, gel douche, serviettes et sèche-cheveux dans la chambre. Laisse ta serviette, ton pyjama et tes gros flacons. Les auberges de jeunesse facturent la serviette 100 à 200 yens.

Faut-il un adaptateur et un transformateur pour le Japon ?

Un adaptateur oui, un transformateur presque jamais. Le Japon utilise des prises de type A à deux broches plates, en 100 volts, 50 Hz à Tokyo et 60 Hz à Osaka. Les chargeurs de téléphone et d’ordinateur acceptent 100 à 240 volts et fonctionnent tels quels ; les appareils chauffants européens chauffent mal. Compte 200 yens au konbini.

Peut-on emporter ses médicaments dans sa valise pour le Japon ?

Oui, mais après vérification, et celle-ci n’est pas facultative. La réglementation japonaise sur l’import est plus stricte que la nôtre : certaines molécules courantes dans les pharmacies françaises y sont restreintes, même en petite quantité pour un usage personnel. Vérifie ta liste auprès des autorités japonaises avant le départ, car une autorisation préalable existe au-delà de certains seuils.

Sources

Article rédigé à partir de séjours réels au Japon. Les tarifs et conditions évoluent vite : vérifie toujours l’information officielle avant de réserver.

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