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Préparer son voyage

Voyager au Japon pour la première fois : les erreurs à éviter

En bref

Les erreurs d’un premier voyage au Japon sont toujours les mêmes, et presque toutes se corrigent avant le départ. Vouloir tout voir : trois bases maximum sur quinze jours, chaque changement de ville mange une demi-journée. Acheter le JR Pass par réflexe, alors que le calcul vient après l’itinéraire. Prendre une grande valise, quand les chambres font 14 m² et les gares des escaliers. Partir sans liquide, quand les petits restaurants n’encaissent que des billets. Ne rien réserver, quand le sumo et les bonnes tables partent des semaines à l’avance. Sur place : parler bas dans le train, jamais de pourboire, garder ses déchets sur soi. Et prévoir moins que ce dont tu as envie.

On ne rate pas un premier voyage au Japon. On le fatigue. La différence entre deux semaines épuisantes et deux semaines dont on parlera dix ans tient à une douzaine de décisions banales, prises depuis un canapé trois mois avant le départ. Voici celles que je vois se répéter, chez les voyageurs croisés sur place comme dans mes carnets de débutante. Garde la checklist qui déroule les six mois avant le départ ouverte à côté : ici, on parle de ce qui arrive quand le plan rencontre le terrain.

À la réservation : les décisions qu’on regrette sur place

La première erreur se commet devant une carte, avec un stylo et beaucoup d’enthousiasme. Mon premier itinéraire tenait cinq villes en douze jours. Résultat : quatre matinées à refaire mon sac, quatre après-midi dans des trains, et une arrivée systématique vers 16 h, quand les temples ferment à 17 h. Le symptôme se repère tôt : ton programme compte presque autant de villes que de nuits. On y cède parce qu’on se croit là pour la seule fois de sa vie. La parade tient en un mot, rayonner : Nara est à 45 minutes de Kyoto. Un tracé qui tient debout ressemble plutôt à ce road trip de dix jours bâti autour du train, deux ou trois bases et des excursions à la journée.

Vient le JR Pass, acheté par automatisme parce que les blogs le recommandaient les yeux fermés il y a dix ans. Le pass national tourne autour de 50 000 ¥ pour sept jours et un aller-retour Tokyo-Kyoto est loin de l’amortir. Ce qui compte n’est pas le calcul mais son ordre : on fixe l’itinéraire, on additionne les trajets réels, puis on tranche. Autre subtilité rarement dite : le pass s’active à la date de ton choix. Le déclencher en atterrissant alors que tu restes cinq jours à Tokyo, c’est jeter deux jours sur sept.

Troisième piège, plus agréable : réserver un ryokan pour chaque nuit. Une nuit en auberge traditionnelle compte parmi les plus beaux souvenirs du voyage, et j’en garde une au KAI Hakone, posé au bord de la rivière, dont le dîner à lui seul justifiait le détour. Dix d’affilée deviennent une contrainte : dîner à 18 h, futon installé pendant que tu es au bain, soirée écrite d’avance. À l’inverse, ne rien réserver ferme des portes : certaines choses disparaissent le jour de leur mise en vente.

  • Les créneaux des expositions numériques et des terrasses panoramiques au coucher du soleil.
  • Les tables réputées, souvent réservables un mois pile avant la date, à la minute près.
  • Les tournois de sumo, six par an, dont les places les moins chères partent en premier.
  • Les ryokan de Hakone ou de Kinosaki en saison, et les hébergements de Kyoto.

Reste l’erreur d’horaire. Beaucoup de vols européens se posent à Narita en fin de journée, et l’immigration et les bagages prennent une bonne heure et demie. Atterrissage à 21 h, hall à 22 h 30 : les derniers trains vers le centre de Tokyo partent autour de cette heure-là. Le taxi jusqu’à Shinjuku coûte 20 000 à 30 000 ¥. Au-delà de 20 h d’arrivée prévue, dors près de l’aéroport.

Dans la valise : ce qui pèse et ce qui manque

La valise géante est l’erreur la plus visible du premier séjour : on la repère dans toutes les gares, coincée en travers d’un escalier. Parce qu’il y a des escaliers, beaucoup, et l’ascenseur est immanquablement à l’autre bout du quai, signalé en tout petit. Ajoute une chambre de 13 à 16 m² où une valise ouverte occupe tout le sol, et des shinkansen qui imposent une place réservée au-delà de 160 cm de dimensions cumulées.

Le corollaire, ce sont les chaussures. Tu vas marcher beaucoup plus que prévu et surtout te déchausser plusieurs fois par jour : temples, ryokan, certains restaurants. Une paire neuve achetée la veille produit une ampoule au troisième jour. Un laçage compliqué produit, lui, une humiliation quotidienne à l’entrée des sanctuaires, pendant que quinze personnes patientent derrière toi. Prends une paire déjà faite à ton pied, qui s’enfile sans les mains.

Sur place : l’argent, les distances, les repas

Le Japon traîne une réputation d’ultra-modernité qui fabrique le malentendu le plus fréquent : arriver avec une carte et rien d’autre. Hôtels, konbini et grandes enseignes la prennent. Le petit temple à 400 ¥, le distributeur de tickets du restaurant de ramen et le stand de takoyaki, non. Le vrai symptôme n’est pas d’être bloqué, c’est de renoncer : tu passes devant un jardin, tu n’entres pas, parce qu’il te manque 300 ¥.

Deuxième surprise, physique celle-là. Shinjuku n’est pas une gare, c’est un quartier souterrain de plus de deux cents sorties, et émerger par la mauvaise coûte un quart d’heure et une bonne suée. Une correspondance annoncée à cinq minutes en réclame douze quand tu découvres les lieux. La règle qui sauve : cherche le numéro de sortie, jamais le nom du bâtiment. Avec des enfants, ces distances deviennent le premier organisateur de la journée, ce que détaille notre guide pour emmener sa tribu au Japon sans s’épuiser.

La troisième erreur est la plus triste : ne manger que dans les adresses repérées en ligne. Tu patientes quarante minutes devant un comptoir vu sur un réseau social pendant que la boutique voisine, identique et vide, sert le même bol à 950 ¥. Mes meilleurs repas ne figurent dans aucun classement, dont une barquette de dépachika à 19 h 30, quand tout est bradé de 30 à 50 %. À 12 h 30, choisis la file de salariés en costume, pas celle des téléphones brandis.

Les usages : personne ne te reprendra, et c’est le problème

Voilà ce qui déroute le plus : au Japon, on ne corrige pas un étranger. On détourne le regard, on sourit, et tu ne sauras jamais que tu as gêné. D’où l’intérêt de connaître les règles qui comptent.

  • Dans le train, on ne téléphone pas et on parle bas. Le silencieux s’appelle « manner mode » jusque sur les écrans d’annonce.
  • Le pourboire n’existe pas. De la monnaie laissée sur une table embarrasse le personnel, qui te rattrapera dans la rue pour te la rendre.
  • Les poubelles ont disparu de l’espace public il y a trente ans. On garde ses déchets dans son sac jusqu’à l’hôtel.
  • Le tatouage, lourd d’histoire au Japon, ferme encore beaucoup de bains publics. Un patch de pharmacie couvre un petit motif, un bain privatif règle la question : demande avant de payer.
  • La photo n’est pas libre partout. Dans les ruelles privées de Gion, des panneaux l’interdisent, amende à la clé, et les femmes en kimono que tu y croises sont presque toutes des visiteuses costumées.

Dernier malentendu : croire que l’anglais sera partout. Dans les gares et les grands hôtels, il l’est. Chez le pharmacien ou à la réception d’une auberge de campagne, non, et ce n’est pas de la mauvaise volonté : c’est la gêne à l’idée de mal faire. Deux outils débloquent tout. Le mode appareil photo d’une application de traduction, avec le pack japonais téléchargé hors ligne. Et trois formules prononcées approximativement : sumimasen, arigatô gozaimasu, kore o kudasai en montrant du doigt.

Le retour, et le seul conseil qui vaut vraiment

L’erreur qu’on ne voit jamais venir arrive après. À l’aller, le décalage se digère en deux jours ; au retour, c’est bien plus rude : tu te réveilles à 3 h du matin pendant une semaine, et le lundi de reprise, tu n’es utile à personne. J’ai fait l’erreur trois fois, rentrer le dimanche soir et travailler le lundi. Depuis, je pose une journée tampon et j’applique au retour les règles décrites dans notre page pour encaisser le décalage horaire entre le Japon et la France.

Reste l’erreur qui contient toutes les autres, et le seul conseil que je donne après vingt ans : tu prévois trop. Un programme minuté ne survit pas au premier jour de pluie, ni au restaurant qu’un inconnu t’indique et qui n’était pas dans ton fichier. Laisse une demi-journée vide tous les deux jours, et ne la remplis pas la veille. C’est là que tu retournes au temple qui t’a plu, que tu suis une rue parce qu’elle sent bon. Ceux qui rentrent en disant que c’était trop court ont presque tous couru.

Questions fréquentes

Combien de villes visiter lors d’un premier voyage au Japon ?

Trois bases au maximum sur quinze jours, deux sur dix jours. Chaque changement coûte une demi-journée entre le rangement, le trajet et l’installation. Mieux vaut rayonner : Nara ou Himeji se visitent à la journée depuis Kyoto, Kamakura ou Nikko depuis Tokyo.

Peut-on voyager au Japon sans parler japonais ni anglais ?

Oui, des milliers de francophones le font chaque année. Les gares, les aéroports et les grandes chaînes affichent l’anglais, et les applications de traduction en mode appareil photo déchiffrent menus et panneaux. Télécharge le pack japonais hors ligne avant de partir, le réseau passe mal en sous-sol.

Peut-on aller à l’onsen avec un tatouage ?

Cela dépend de l’établissement, et la règle s’assouplit lentement. Beaucoup de bains publics refusent encore les tatouages, par héritage de leur association ancienne avec le crime organisé. Les petits motifs se couvrent avec des patchs de pharmacie, et les bains privatifs, appelés kashikiri, contournent le problème. Renseigne-toi avant de payer l’entrée.

Quelle taille de valise emporter au Japon ?

Plus petite que ton premier réflexe. Les chambres de business hotel mesurent 13 à 16 m² et les ascenseurs de gare sont mal signalés. Un bagage cabine et un sac souple couvrent largement deux semaines, et sur les shinkansen de la ligne Tokaido, un bagage de plus de 160 cm cumulés demande une place réservée.

Sources

Article rédigé à partir de séjours réels au Japon. Les tarifs, horaires et conditions d’entrée évoluent vite : vérifie toujours l’information officielle avant de réserver.

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