soleilrouge.org
Image default
Quand partir

Le Japon en été : chaleur, festivals et feux d’artifice

En bref

Le tsuyu s’achève vers le 19 juillet sur Tokyo, Kyoto et Osaka, et ouvre six semaines de chaleur lourde : 31 à 35 degrés l’après-midi, 25 à 27 la nuit, 70 à 80 % d’humidité. Les typhons s’invitent à partir de la mi-août et culminent en septembre. En échange, c’est la saison la plus vivante du pays : Gion Matsuri pendant tout le mois de juillet, Nebuta à Aomori du 2 au 7 août, Awa Odori à Tokushima du 12 au 15, et des centaines de hanabi à 10 000 ou 20 000 bombes. Sapporo plafonne à 26 degrés, Kamikochi passe sous 15 la nuit. Obon, du 13 au 16 août, sature les Shinkansen. Mon compromis : la seconde quinzaine de juillet, au nord.

On me demande rarement conseil pour partir en juillet, et c’est pourtant le mois où j’ai vu les choses les plus fortes en vingt ans de voyages. Le Japon en été est la saison la moins recommandée de l’archipel et de très loin la plus habitée : les quartiers sortent dans la rue et les tambours démarrent vers 18 heures. Reste que 34 degrés à 80 % d’humidité ne se négocient pas. Si tu hésites encore, le comparatif qui aide à peser les quatre saisons avant de bloquer tes dates pose les arbitrages ; ici, on ne parle que de juin à début septembre.

Ce que 33 degrés veulent dire quand l’air est saturé

Le chiffre qui compte n’est pas le maximum de l’après-midi, c’est le minimum de la nuit. Le Japon appelle nuits tropicales celles qui ne redescendent pas sous 25 degrés, et Tokyo en compte entre 40 et 60 par an. Tu ne récupères pas : tu sors de l’hôtel à 8 heures, il fait déjà 29 degrés, et ta chemise est trempée avant la première gare. Région par région :

  • Tokyo : 30 degrés de maximum en juillet, 31 à 32 en août, des minimums de 24 à 26, une humidité de 75 à 80 %.
  • Kyoto et Osaka : un bassin fermé, sans un souffle d’air. 33 à 35 degrés en août, 25 à 27 la nuit, 70 à 80 % d’humidité, et une vingtaine de journées au-dessus de 35 degrés les étés les plus chauds.
  • Sapporo : 25 degrés en juillet, 26 en août, des nuits vers 18 ou 19 et un air plus léger.
  • Naha : 31 à 32 degrés de juin à septembre, 27 la nuit, 78 % d’humidité, un indice UV au plafond.

Dès que l’indice de chaleur humide passe son seuil, le ministère de l’Environnement publie une alerte coup de chaleur préfecture par préfecture ; certains jours d’août, tout le Kanto et tout le Kansai sont concernés. Le message est simple : on ne marche pas entre 11 et 16 heures.

Ma leçon, je l’ai payée à Fushimi Inari un 8 août, arrivée à 13 heures pour monter au sommet du mont Inari : 233 mètres de dénivelé, pas un filet d’air entre les torii. Demi-tour à Yotsutsuji après quarante minutes, deux Pocari Sweat à 160 yens au distributeur. Même parcours à 6 heures trois jours plus tard : une heure vingt, agréable, personne.

Tsuyu, canicule, typhons : le calendrier réel de juin à septembre

Le tsuyu, la saison des pluies, remonte l’archipel du sud vers le nord. Okinawa y entre vers le 10 mai et en sort vers le 21 juin. Kyushu, le Kansai et le Kanto y entrent entre le 5 et le 10 juin et en sortent autour du 19 ou du 20 juillet. Le nord du Tohoku attend les tout derniers jours du mois, et Hokkaido n’a pas de tsuyu officiel. Ces dates restent des approximations, révisées après coup : raisonne en semaine, pas en journée.

Ce n’est pas une mousson. À Tokyo, juin compte une douzaine de jours de pluie pour environ 170 millimètres : il pleut un jour sur deux, souvent en averses. Ce qui change, c’est une humidité autour de 85 % : le linge ne sèche pas dans la chambre. La contrepartie : les hortensias de la mi-juin, Meigetsu-in à Kamakura, Mimuroto-ji à Uji pour environ 1 000 yens, et des prix bas.

La sortie du tsuyu bascule en trois jours : tu passes de 27 degrés humides à 34 degrés écrasants dans la même semaine. Début septembre, Tokyo tourne encore autour de 30 degrés et Kyoto au-dessus de 31 : la chaleur ne casse qu’à la fin du mois. Les typhons, eux, prennent le relais. Environ 25 tempêtes se forment chaque année dans le Pacifique nord-ouest, trois en moyenne touchent terre, avec un pic entre la mi-août et la fin septembre. Le système est rodé : suspensions ferroviaires annoncées 24 à 48 heures à l’avance, échange sans frais côté aérien. Compte une à deux journées perdues, rarement un voyage. Ces tempêtes se calment courant octobre, quand s’ouvre la fenêtre sèche des feuillages rouges.

Les matsuri, la raison pour laquelle je reviens quand même

Si l’été concentre les fêtes, c’est que les calendriers agricole et bouddhique s’y rejoignent. Quatre rendez-vous dominent, et notre palmarès des grands matsuri estivaux raconte à quoi ils ressemblent depuis la foule.

  • Gion Matsuri, Kyoto, tout le mois de juillet. Deux parades de chars, le 17 et le 24, départ vers 9 heures de Shijo-Karasuma, et six soirées de yoiyama les 14, 15 et 16 puis les 21, 22 et 23. Les hoko montent à une vingtaine de mètres, pèsent une dizaine de tonnes et sont assemblés sans un clou.
  • Tenjin Matsuri, Osaka, les 24 et 25 juillet. Le 25 au soir, une centaine de bateaux remontent l’Okawa avec des torches, et 3 000 à 5 000 bombes partent au-dessus de l’eau entre 19h30 et 21 heures.
  • Nebuta Matsuri, Aomori, du 2 au 7 août. Une vingtaine de chars de papier washi éclairés de l’intérieur, jusqu’à 9 mètres de large pour 4 tonnes. Loue un costume de haneto pour environ 4 000 yens et tu entres dans le cortège, sans inscription.
  • Awa Odori, Tokushima, du 12 au 15 août. Environ 100 000 danseurs en troupes, les ren, et plus d’un million de spectateurs. Les tribunes coûtent 2 000 à 5 000 yens, mais les zones libres valent mieux : les ren y passent à deux mètres de toi.

Le Tohoku enchaîne en prime : le Kanto Matsuri d’Akita du 3 au 6 août, ses perches de 12 mètres et leurs 46 lanternes en équilibre sur un front, puis le Tanabata de Sendai du 6 au 8. Et le 16 août, le Gozan no Okuribi allume cinq feux sur les collines de Kyoto à partir de 20 heures, visibles gratuitement des ponts de la Kamo.

Le piège, c’est le logement. Aomori pendant Nebuta se remplit six à douze mois à l’avance et les tarifs y doublent : dors à Hirosaki, à 35 minutes de train. Mon meilleur souvenir n’est d’ailleurs aucun des quatre. C’est un bon odori de quartier à Yanaka, un mardi soir d’août, deux cents personnes autour d’une tour de bois, un yakisoba à 500 yens et une bière à 400. Cette échelle-là se trouve partout dès qu’on quitte les grandes villes : les fêtes d’été des environs de Nikko en donnent quatre exemples à deux heures de Tokyo.

Les hanabi, et comment en voir un sans y perdre la soirée

Les grands feux d’artifice japonais tirent 10 000 à 20 000 bombes en 60 à 120 minutes, là où un 14 juillet français dépasse rarement les 2 000. Deux repères : le Sumidagawa à Tokyo, le dernier samedi de juillet, avec jusqu’à 900 000 spectateurs ; Nagaoka, dans la Niigata, les 2 et 3 août, dont les obus de 90 centimètres ouvrent une fleur de six cents mètres.

La réalité du terrain est moins romantique. Une place gratuite correcte demande deux à trois heures d’attente, ou un emplacement réservé à 3 000 yens et plus. Les konbini du secteur sont dévalisés dès 16 heures, et la gare met une heure à avaler la foule.

Mon conseil va contre tous les classements : laisse tomber le Sumidagawa. Choisis un hanabi moyen, 3 000 à 5 000 bombes, dans une ville de province. Tu seras à trois cents mètres du pas de tir, assise dans l’herbe, et rentrée une demi-heure après la dernière salve. Loue un yukata si l’envie te prend : trois points à connaître avant d’enfiler un yukata évitent de le porter à l’envers, ce qui se remarque tout de suite. En cas de vent, beaucoup sont reportés au lendemain plutôt qu’annulés.

Les régions refuges, là où l’été reste vivable

La règle : monte, ou remonte vers le nord. Cent mètres d’altitude valent un demi-degré de moins, ce qui suffit à sauver une journée. À l’échelle d’une seule journée, il existe aussi des échappées au frais à portée de Tokyo, utiles quand le reste du séjour est bloqué dans la capitale.

  • Hokkaido, de la mi-juillet à la fin août : Sapporo à 26 degrés le jour et 19 la nuit, sans tsuyu. La lavande de Furano culmine entre le 10 et le 25 juillet ; la ferme Tomita est gratuite, bondée à 11 heures et vide à 7.
  • Le Tohoku, tout l’été : Aomori et Morioka plafonnent autour de 28 degrés, les quatorze kilomètres du torrent d’Oirase restent frais sous les hêtres et Hachimantai passe ses nuits sous 15 degrés.
  • Les Alpes japonaises : Kamikochi, à 1 500 mètres, interdite aux voitures ; le Norikura Skyline, qui monte en bus à 2 700 mètres ; Takayama et la vallée de Kiso comme bases.
  • Karuizawa, à 1 000 mètres et à 70 minutes de Tokyo par le Shinkansen, ou Senjogahara au-dessus de Nikko, à 1 400 mètres.

Okinawa mérite d’être remise à sa place : on te la vend comme une solution, elle n’en est pas une thermiquement. Ce qui change, c’est l’eau à 29 degrés et le fait que tu passes ta journée dedans. La fenêtre y est courte : de la dernière semaine de juin à la mi-juillet, le tsuyu local terminé et avant les typhons.

Hokkaido reste ma réponse préférée à l’été japonais. C’est pourtant la même île qui disparaît sous deux mètres de neige six mois plus tard, et ce que devient le nord du pays à la saison froide n’a plus rien à voir avec les champs de lavande. N’y attends pas de fraîcheur alpine : grand soleil, moustiques, hôtels de Sapporo en haute saison, donc réserve trois mois à l’avance.

Obon, budget et la méthode pour tenir la journée

Obon, du 13 au 16 août, est la semaine où le pays entier se déplace pour retrouver ses morts. Les réservations de Shinkansen ouvrent un mois avant à 10 heures, et les trains du 10 au 14 partent en quelques minutes sur l’axe Tokaido ; au retour, les autoroutes alignent trente à quarante kilomètres de bouchons. Ne bouge pas ces quatre jours.

Le budget d’été est un paradoxe. Ton billet d’avion est au plus haut de l’année, souvent 900 à 1 300 euros l’aller-retour depuis Paris contre 700 à 800 en octobre. Mais sur place, hors Obon et hors villes de festival, l’hébergement est à son plancher : un business hotel correct à Kyoto se trouve autour de 9 000 à 13 000 yens fin août, contre 25 000 à 30 000 en novembre.

Reste la méthode : découpe la journée en trois. Dehors de 6 à 10 heures, au frais de 11 à 16, dehors de nouveau de 17 à 22. Une seule visite majeure par jour, jamais trois. Le reste tient dans un sac.

  • Deux t-shirts par jour à séchage rapide, et la lessive de l’hôtel : environ 300 à 500 yens le lavage, 100 yens les dix minutes de sèche-linge.
  • Un éventail électrique de poche, 1 500 à 3 000 yens chez Don Quijote, et un anneau de nuque à refroidir au réfrigérateur.
  • Une boisson isotonique plutôt que de l’eau seule : Pocari Sweat à 160 yens, OS-1 en pharmacie si cela tourne mal.
  • Une ombrelle, dont les Japonais des deux sexes se servent sans complexe, et qui sert de parapluie pendant le tsuyu.

Alors, faut-il venir ? Si tes dates sont libres et que c’est un premier séjour Tokyo-Kyoto, non : tu garderas un souvenir de transpiration plutôt que de temples. Si les vacances scolaires t’imposent juillet ou août, joue l’été au lieu de le subir : le nord pour dormir, les matsuri pour les soirées, une chose par jour, rien entre le 11 et le 17 août. Ma fenêtre, si tu peux décaler : la seconde quinzaine de juillet, juste après la fin du tsuyu.

Questions fréquentes

Quand se termine la saison des pluies au Japon ?

Vers le 19 ou le 20 juillet sur Tokyo, Kyoto et Osaka, autour du 19 juillet sur Kyushu, et plutôt dans les tout derniers jours du mois dans le nord du Tohoku. Okinawa sort du sien vers le 21 juin, et Hokkaido n’a pas de tsuyu officiel. Ces dates sont des approximations : compte une semaine d’écart possible.

Fait-il trop chaud pour visiter le Japon en août ?

Tokyo tourne autour de 31 degrés le jour et 25 la nuit, Kyoto et Osaka montent à 34 ou 35 dans leur bassin, avec 70 à 80 % d’humidité. Ce n’est pas invivable, c’est incompatible avec trois temples par jour. Découpe la journée : dehors de 6 à 10 heures et après 17 heures, au frais entre 11 et 16, une seule visite majeure, le nord pour dormir.

Y a-t-il un risque de typhon pendant l’été japonais ?

Oui, surtout de la mi-août à la fin septembre, septembre étant le mois de pointe. Environ 25 tempêtes se forment chaque année dans le Pacifique nord-ouest et trois en moyenne touchent terre, Okinawa et Kyushu en première ligne. Tu perds alors 24 à 48 heures : les trains annoncent leurs suspensions un jour à l’avance et les compagnies aériennes échangent sans frais. Garde un jour tampon avant le retour, et évite les îles juste avant.

Quel est le plus grand festival d’été au Japon ?

Le Gion Matsuri de Kyoto occupe tout le mois de juillet, avec ses parades de chars le 17 et le 24 et ses soirées de yoiyama les 14, 15 et 16 puis les 21, 22 et 23. Pour la foule, l’Awa Odori de Tokushima fait mieux, avec 100 000 danseurs du 12 au 15 août. Le Nebuta d’Aomori, du 2 au 7 août, reste le plus spectaculaire.

Sources

Article rédigé à partir de séjours réels au Japon. Les tarifs, horaires et conditions d’entrée évoluent vite : vérifie toujours l’information officielle avant de réserver.

A lire aussi

La saison des pluies au Japon (tsuyu) : faut-il l’éviter ?

administrateur

Le Japon en automne : les érables rouges (momiji)

administrateur

Le Japon en hiver : neige, onsen et illuminations

administrateur

Golden Week et jours fériés : les périodes à éviter au Japon

administrateur

Quand partir au Japon : la meilleure période saison par saison

administrateur

Le Japon au printemps : la saison des cerisiers (sakura)

administrateur