En bref
Le Japon s’étire sur près de 3 000 kilomètres et empile six climats : en janvier, Sapporo tourne autour de -7 à -1 degré sous cinq mètres de neige cumulée pendant que Naha affiche 14 à 19 degrés et ne gèle jamais. Tokyo passe de 2/10 en janvier à 24/31 en août, avec environ 1 600 millimètres de pluie par an. Le tsuyu, la saison des pluies, s’ouvre vers le 8 mai à Okinawa et le 7 juin à Tokyo, puis se lève autour du 20 juillet ; Hokkaido y échappe. La saison des typhons court de mai à octobre et culmine en août et septembre. L’été des villes se juge aux nuits tropicales, celles où le thermomètre ne redescend pas sous 25 degrés : Tokyo en compte une quarantaine, Naha plus de cent. En montagne, retire 0,6 degré par 100 mètres de dénivelé. Les deux meilleures fenêtres restent la fin mars à la mi-mai, puis la mi-octobre au début décembre.
Une moyenne nationale ne veut rien dire ici. Le climat du Japon se lit ville par ville et mois par mois, parce que l’archipel couvre autant de latitudes que l’Europe entre Oslo et Alger : le même jour de février peut donner -6 degrés à Asahikawa et 21 à Ishigaki. J’ai croisé à Narita, un matin de février, une famille en tongs qui filait vers Hakodate. Cette page sert de tableau de bord chiffré à la rubrique : si tu cherches les arbitrages entre saisons, le comparatif pour poser tes dates selon ce que tu veux voir fait ce travail-là ; ici, on sort les normales.
Six climats sur 3 000 kilomètres
Entre Wakkanai, au nord de Hokkaido, et Hateruma, au sud d’Okinawa, il y a environ 3 000 kilomètres et 21 degrés de latitude. La chaîne montagneuse qui court sur toute la longueur ajoute une fracture est-ouest, celle qu’on découvre le plus tard.
Hokkaido vit un hiver continental, -7 degrés de minimale moyenne à Sapporo en janvier, et un été court à 27 degrés : c’est la seule région sans saison des pluies. La côte de la mer du Japon, d’Aomori à Kanazawa, encaisse l’autre extrême. Le vent de Sibérie se charge d’humidité au-dessus de la mer, bute sur la chaîne centrale et se vide en neige : six à huit mètres cumulés par hiver à Aomori, environ 280 millimètres d’eau en décembre à Kanazawa, et une soixantaine d’heures de soleil en janvier. Ces cumuls n’ont pas d’équivalent ailleurs dans le monde habité, et c’est exactement ce qui fait du Japon une destination de ski à part.
De l’autre côté, la plaine du Kanto et du Kansai récupère un air asséché : à Tokyo, janvier est le mois le plus ensoleillé de l’année, près de 190 heures, humidité vers 50 pour cent. L’été y devient étouffant, et le bassin fermé de Kyoto se transforme en cocotte dès juillet. La mer intérieure de Seto, d’Okayama à Hiroshima, est abritée des deux côtés : environ 1 100 millimètres par an, le total le plus bas du pays. Kyushu est le versant le plus arrosé, 1 700 à 2 000 millimètres, et le premier à prendre les typhons. Okinawa est subtropical : jamais de gel, 17 degrés de moyenne en janvier, plus de 2 000 millimètres de pluie.
Hiver : décembre, janvier, février
Janvier sert de référence, février lui ressemble à un degré près, décembre est plus doux de deux à trois degrés. Dans les quatre listes qui suivent : minimale puis maximale en degrés, et les précipitations du mois.
- Sapporo : -7/-1 en janvier, -6/0 en février, environ 110 millimètres par mois et près de 5 mètres de neige cumulés.
- Tokyo : 2/10 en janvier, 4/12 en décembre, 55 à 60 millimètres, humidité vers 50 pour cent, le ciel le plus clair de l’année.
- Kyoto : 1/9 en janvier, 50 à 70 millimètres, des matinées à -2 et deux à quatre épisodes neigeux.
- Osaka : 3/10 en janvier, à peine 45 à 50 millimètres, son mois le plus sec.
- Fukuoka : 4/10 en janvier, environ 70 millimètres, un ciel bien plus gris qu’à Tokyo.
- Naha : 14/19 en janvier, une centaine de millimètres, pas un gel, du vent et du gris.
Le piège de l’hiver japonais n’est pas la température extérieure, c’est l’intérieur. Les logements n’ont ni chauffage central ni double vitrage : on chauffe la pièce où l’on se tient, au kotatsu, et le couloir reste à 8 degrés. Dans les temples, où tu marches en chaussettes sur des planchers ouverts, c’est pire. Une boîte de dix chaufferettes kairo coûte autour de 400 yens en konbini. C’est aussi la saison où les bains chauds sous la neige prennent tout leur sens.
Printemps : mars, avril, mai
Mars est un mois bâtard, froid le matin et doux l’après-midi, avec souvent 10 degrés d’amplitude. Avril et mai forment, avec octobre et novembre, la meilleure paire de l’année.
- Sapporo : 3/12 en avril, 8/18 en mai, environ 55 millimètres ; neige au sol jusqu’au début avril, cerisiers vers le 1er mai.
- Tokyo : 10/20 en avril, 15/23 en mai, 130 à 140 millimètres par mois, humidité autour de 65 pour cent.
- Kyoto : 9/20 en avril, 14/25 en mai, 115 puis 160 millimètres ; les matinées d’avril descendent encore à 6 degrés.
- Osaka : 11/20 en avril, 16/25 en mai, environ 100 puis 145 millimètres.
- Fukuoka : 11/20 en avril, 16/24 en mai, 120 à 135 millimètres, plus quelques journées de sable jaune.
- Naha : 19/24 en avril, 22/27 en mai, 165 puis 230 millimètres : le tsuyu s’y installe déjà.
Deux nuisances avant de réserver. De la mi-février à la mi-avril, le pollen de cèdre sature l’air des villes et déclenche des rhinites chez des gens qui n’ont jamais rien eu ; masques et collyres en pharmacie, 500 à 900 yens la boîte. En mars et avril, le kosa, ce sable venu du continent, blanchit le ciel du Kansai quelques jours par mois. La Golden Week, du 29 avril au 5 mai, double les tarifs d’hôtel : je cale mes dates avant le 25 avril ou après le 7 mai.
Tsuyu et été : juin, juillet, août
Le tsuyu est un front stationnaire qui remonte du sud et s’immobilise plusieurs semaines sur l’archipel. Il s’ouvre autour du 8 mai à Okinawa, du 30 mai dans le sud de Kyushu, du 5 au 7 juin sur le Kansai et le Kanto, et se lève vers le 20 juillet. Hokkaido n’a pas de saison des pluies, ce qui en fait le refuge de juin. Tu n’auras pas six semaines de déluge mais des ciels bas, des averses lourdes de deux heures, 80 pour cent d’humidité et des hortensias partout. Savoir si ces semaines humides valent le détour mérite d’être posé : temples vides et prix bas.
- Sapporo : 17/26 en juillet, 19/27 en août, 90 à 130 millimètres, presque aucune nuit tropicale — de quoi rouler sans souffrir, comme sur cette traversée en voiture de l’intérieur de Hokkaido.
- Tokyo : 23/30 en juillet, 24/31 en août, environ 155 millimètres par mois, humidité de 75 à 80 pour cent.
- Kyoto : 23/32 en juillet, 24/34 en août ; une dizaine de journées dépassent 35 degrés et l’air ne circule pas.
- Osaka : 25/32 en juillet, 26/34 en août, humidité proche de 75 pour cent, béton chaud jusqu’à minuit.
- Fukuoka : 24/31 en juillet, 25/33 en août, près de 300 millimètres en juillet, le record des six villes.
- Naha : 26/32 en juillet comme en août, plus de 80 pour cent d’humidité, mais une brise de mer qui sauve tout.
Le bon indicateur de l’été japonais n’est pas la maximale, c’est la minimale. On appelle nuit tropicale une nuit où le thermomètre ne redescend pas sous 25 degrés : Tokyo en compte une quarantaine par an, Osaka autant, Naha plus de cent. Le corps ne récupère pas d’une nuit sur l’autre, et c’est ça qui épuise, bien plus que le pic de 15 heures.
Mon erreur de débutante remonte à un 10 août, à Kyoto : monter les torii du Fushimi Inari à 14 heures, 35 degrés et un air de hammam. Je suis redescendue au bout de vingt minutes, rincée, pour 160 yens de thé glacé au distributeur du parking. Depuis, ma journée d’août est japonaise : dehors de 6 à 10 heures, musée climatisé jusqu’à 16 heures, ressortie jusqu’à la nuit. Si les festivals d’été commencent à la tombée du jour, ce n’est pas un hasard.
Automne : septembre, octobre, novembre
Septembre reste un mois d’été déguisé, chaud et très arrosé, au pic de la saison des typhons. Octobre bascule, et novembre est le plus beau mois de l’année sur le versant Pacifique.
- Sapporo : 8/17 en octobre, 2/9 en novembre, environ 110 millimètres, premières neiges vers la fin novembre.
- Tokyo : 21/28 en septembre, 16/22 en octobre, 9/17 en novembre ; environ 230 millimètres en octobre, 95 en novembre.
- Kyoto : 21/30 en septembre, 14/24 en octobre, 8/18 en novembre, avec 145 puis 75 millimètres.
- Osaka : 22/30 en septembre, 16/24 en octobre, 10/18 en novembre, l’air enfin sec dès la mi-octobre.
- Fukuoka : 22/29 en septembre, 16/24 en octobre, 11/18 en novembre, seulement 80 millimètres en octobre.
- Naha : 25/31 en septembre, 23/28 en octobre, 19/24 en novembre ; la mer reste vers 26 degrés jusqu’à la mi-novembre, ce qui allonge la saison balnéaire de l’archipel, y compris sur ces trois îles d’Okinawa encore peu fréquentées.
Les typhons méritent qu’on démonte la peur qui les entoure. Il s’en forme environ vingt-cinq par an dans le Pacifique nord-ouest, une dizaine approchent l’archipel, deux ou trois touchent terre, et août et septembre concentrent l’essentiel. Le sud paie le prix fort, Okinawa et Kyushu d’abord. On ne leur donne pas de prénom ici, on les numérote : le typhon numéro 10 fait la une pendant trois jours.
Ce qui se passe quand il arrive : les compagnies annulent la veille et reprotègent sans frais, la JR suspend ses lignes en l’annonçant 24 heures à l’avance, les commerces baissent le rideau, puis tout redémarre le lendemain. Prévois une journée tampon si tu voyages en septembre, et pas de vol intérieur le jour de ton long-courrier.
L’altitude, ta valise et le choix des dates
Toutes les normales ci-dessus valent au niveau de la mer. Dès que tu montes, retire environ 0,6 degré par 100 mètres : à 1 500 mètres, il fait 9 degrés de moins qu’en ville, et l’écart entre l’après-midi et l’aube y dépasse souvent 12 à 15 degrés, contre 7 ou 8 à Tokyo. Première cause de mauvaise surprise vestimentaire du pays.
Quelques repères. Kamikochi, dans les Alpes japonaises, tient à 1 500 mètres : à la mi-octobre, 15 à 17 degrés à 14 heures, 0 à 2 à l’aube, et la vallée ferme le 15 novembre. Le Koya-san, à 800 mètres, tourne 4 à 5 degrés sous Osaka toute l’année : une matinée à -3 degrés en janvier dans les couloirs non chauffés des temples-auberges. Le sommet du Fuji, à 3 776 mètres, plafonne vers 6 degrés de moyenne en août ; à 4h30, ceux qui attendent le lever du soleil grelottent près de zéro quand Tokyo affiche 26 degrés.
La valise se déduit de tout cela. En été : coton et lin, deux hauts par jour, une serviette tenugui autour du cou, un parapluie pliant plutôt qu’un imperméable qui te cuit, 700 yens en konbini. En hiver, joue les couches, sous-pull, pull, doudoune fine coupe-vent, et des chaussettes épaisses puisque tu te déchausses dix fois par jour. Les semelles à crampons servent à Hokkaido et au Tohoku, pas à Tokyo. Compte sur les laveries de quartier, 300 à 500 yens la machine.
Reste le choix des dates, et je tranche. Deux semaines les yeux fermés : du 20 octobre au 5 novembre, sec, lumineux, 10 à 22 degrés du Kanto au Kansai. Deuxième option, la dernière semaine de mars et la première d’avril, plus chères et plus aléatoires, mais avec les cerisiers. Ce que j’évite : la première quinzaine d’août dans le Kansai et la semaine d’Obon. Juin, lui, ne mérite pas sa réputation.
Questions fréquentes
Quel est le mois le plus agréable pour visiter le Japon ?
Novembre, sans hésiter, si tu vises les grandes villes : 8 à 18 degrés à Kyoto, 9 à 17 à Tokyo, moins de 100 millimètres de pluie, un ciel dégagé presque tous les jours et les érables en prime. Avril arrive derrière, plus doux mais deux fois plus arrosé et bien plus cher au moment des cerisiers. Mai reste mon compromis préféré pour marcher.
Quelle température fait-il au Japon en août ?
Autour de 24 à 31 degrés à Tokyo, 24 à 34 à Kyoto, 26 à 34 à Osaka, avec 70 à 80 pour cent d’humidité et une dizaine de journées au-delà de 35 degrés dans le Kansai. Les nuits ne descendent pas sous 25 degrés pendant des semaines. Seules exceptions vivables : Sapporo, 19 à 27 degrés, et la montagne.
Neige-t-il à Tokyo et à Kyoto en hiver ?
À Tokyo, très peu : une à trois chutes tenant au sol par hiver, quelques centimètres, et une paralysie immédiate des trains. L’hiver du Kanto est sec et ensoleillé, près de 190 heures de soleil en janvier. Kyoto, dans son bassin, en reçoit un peu plus, deux à quatre épisodes, assez pour blanchir le Kinkaku-ji un matin. Pour de la vraie neige, monte au nord.
Faut-il annuler son voyage à cause d’un typhon ?
Non. Un typhon dure 12 à 24 heures sur un point donné et se prévoit trois à cinq jours à l’avance. Le pays s’arrête proprement : Shinkansen suspendus, vols annulés la veille, rideaux de fer baissés, puis tout repart le lendemain. Décale d’une journée, reste en ville, fais des musées. Le risque est logistique, sauf à Okinawa et dans le sud de Kyushu.
Sources
- Agence météorologique du Japon, normales climatiques et relevés officiels
- Japan Guide, fiches pratiques par région et par saison
- JNTO, office national du tourisme japonais
Article rédigé à partir de séjours réels au Japon. Les tarifs, horaires et conditions d’entrée évoluent vite : vérifie toujours l’information officielle avant de réserver.

