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Ascension du Mont Fuji : préparer sa randonnée en 2026

En bref

Les règles ont changé, et pas qu’un peu. En 2026, les quatre voies du Fuji facturent 4 000 yens par personne et par ascension, contre un péage de 2 000 yens et une contribution volontaire de 1 000 yens auparavant. La saison court du 1er juillet au 10 septembre pour Yoshida et Subashiri, du 10 juillet au 10 septembre pour Fujinomiya et Gotemba, et le tour du cratère n’ouvre que le 10 juillet. La voie Yoshida est plafonnée à 4 000 grimpeurs par jour, hors clients des refuges, avec réservation en ligne ; les trois voies de Shizuoka imposent un enregistrement préalable et un module de formation à valider avant de partir. Les portails de la cinquième station ferment de 14 heures à 3 heures du matin, sauf si tu as une nuit réservée en refuge. À Yoshida, un contrôle d’équipement refuse l’accès sans vêtements chauds, veste et pantalon de pluie séparés et vraies chaussures de randonnée. Une nuit en refuge coûte 13 000 à 15 000 yens en demi-pension, les toilettes 200 à 300 yens, et il fait couramment moins de zéro au sommet en août. Hors saison, monter au-dessus de la cinquième station est interdit.

L’ascension du Mont Fuji n’est pas une randonnée difficile sur le papier : un sentier large, une pente régulière, des refuges tous les cent mètres de dénivelé. Ce qui la rend sérieuse, c’est l’altitude — 3 776 mètres, le point culminant du pays — le froid, le vent, et surtout le fait que des dizaines de milliers de personnes s’y engagent chaque été sans aucune expérience de la montagne. Depuis 2024, les deux préfectures resserrent les règles année après année, et la version 2026 ne ressemble plus aux récits d’il y a cinq ans. Si tu hésites entre grimper et contempler, la page consacrée aux activités et expériences à vivre au Japon replace l’ascension parmi les autres options, et celle qui explique comment voir le Fuji et choisir son point de vue est plus rentable pour la majorité des voyageurs.

Disons-le tout de suite : depuis le sommet, on ne voit pas le Fuji. Le paysage est un désert de scories brunes, une caldeira et une mer de nuages si la météo est bonne. Le sens de l’ascension est ailleurs, dans la nuit qui bascule et dans une montagne que le pays tient pour sacrée, inscrite au patrimoine mondial depuis 2013 au titre de lieu sacré et de source d’inspiration artistique.

La saison 2026 : quatre voies, deux préfectures, deux systèmes

Le Fuji est à cheval sur Yamanashi au nord et Shizuoka au sud, et les deux préfectures gèrent leurs sentiers séparément. C’est la première chose à intégrer, parce que la procédure d’inscription n’est pas la même selon le versant.

  • Yoshida (Yamanashi), du 1er juillet au 10 septembre 2026.
  • Subashiri (Shizuoka), du 1er juillet au 10 septembre 2026, ouverture avancée par rapport aux années précédentes.
  • Fujinomiya et Gotemba (Shizuoka), du 10 juillet au 10 septembre 2026.
  • Le sentier qui fait le tour du cratère, l’ohachi-meguri, n’ouvre que le 10 juillet : avant cette date, tu montes au bord mais tu ne fais pas la boucle.

Ces dates restent conditionnées à l’état de la neige, et les préfectures les confirment au printemps. En dehors de cette fenêtre, monter au-dessus de la cinquième station est interdit : sentiers non entretenus, refuges fermés, ni eau ni secours organisé, et un vent d’hiver sur pente de glace qui a tué des alpinistes expérimentés. Ce n’est pas un conseil de prudence, c’est une interdiction. Si tu voyages en janvier, garde le Fuji pour la carte postale et regarde du côté des stations de ski japonaises ou des grandes illuminations d’hiver.

4 000 yens, réservation en ligne et contrôle du matériel

Le point qui surprend ceux qui ont lu de vieux guides : l’ascension se paie et se réserve à l’avance. En 2026, le tarif est unifié à 4 000 yens par personne et par montée sur les quatre voies, soit environ 23 euros. Ce montant remplace l’ancien dispositif de Yoshida, qui combinait un péage de 2 000 yens et une contribution volontaire de 1 000 yens à la conservation du site.

Côté Yamanashi, la voie Yoshida est plafonnée à 4 000 personnes par jour, clients des refuges non comptés. La réservation en ligne a ouvert le 27 avril 2026 : environ 3 000 places par jour en préréservation, le millier restant délivré sur place le jour même. Autour de l’Obon à la mi-août et les week-ends, le quota part vite ; hors de ces pics, il reste des places quelques jours avant.

Côté Shizuoka, les trois voies passent par un enregistrement préalable en ligne, ouvert le 8 mai 2026, assorti d’un module de formation obligatoire sur la sécurité et la protection du site : tu ne reçois ton justificatif d’entrée qu’après l’avoir validé. Des exemptions existent, notamment pour les personnes handicapées accompagnées et les sorties scolaires, sur demande préalable auprès de la préfecture.

Enfin, le filtre le plus concret : depuis 2026, la cinquième station de Yoshida procède à un contrôle d’équipement. Trois éléments sont exigés — vêtements chauds, ensemble de pluie séparé veste et pantalon, chaussures adaptées à la randonnée. Sans les trois, on te refuse l’accès au sentier, et il ne s’agit pas d’une formalité : chaque été, des gens repartent en baskets et en short.

À bloquer en premier : ce n’est pas ton billet d’entrée qui manquera, c’est la couchette. Les refuges du huitième palier se remplissent des mois à l’avance sur les week-ends d’août. Compare les nuits en refuge et les formules avec bus depuis Tokyo, réserve le refuge, puis seulement ensuite ton créneau d’entrée sur le portail officiel.

Choisir sa voie : Yoshida, Subashiri, Fujinomiya, Gotemba

Les quatre sentiers ne se valent pas, et le choix se fait sur trois critères : l’altitude de départ, la densité de refuges et la fréquentation.

  • Yoshida, départ vers 2 300 mètres : 5 à 7 heures de montée, 3 à 5 de descente. Le plus équipé en refuges et en postes de secours, le mieux desservi depuis Tokyo, et de loin le plus fréquenté. Montée et descente empruntent des tracés distincts. C’est celui que je conseille pour une première fois, malgré la foule.
  • Subashiri, départ vers 2 000 mètres : 5 à 8 heures de montée, 3 à 5 de descente. Commence en forêt, rejoint Yoshida vers le huitième palier, et se descend par un long couloir de cendres où l’on avance à grandes foulées.
  • Fujinomiya, départ vers 2 400 mètres : 4 à 7 heures de montée, 2 à 4 de descente. Le plus court et le plus raide, même sentier dans les deux sens. Pratique depuis le Shinkansen, mais le dénivelé avalé vite depuis une altitude déjà haute favorise le mal des montagnes.
  • Gotemba, départ vers 1 400 mètres : 7 à 10 heures de montée, 3 à 6 de descente. Le plus long, le plus dur, le plus vide, très peu de refuges. Pour marcheurs entraînés en quête de silence.

Un détail qui compte : la nuit, sur Yoshida en août, tu marches dans une file compacte à la lueur des frontales, et il arrive de s’arrêter dix minutes dans un goulet. Qui cherche la montagne pour elle-même sera plus heureux sur d’autres itinéraires du pays, dont plusieurs figurent dans la sélection des randonnées incontournables au Japon.

Dormir en refuge, et pourquoi le « dangan tozan » est une mauvaise idée

Le schéma sensé tient en deux jours. Tu montes en fin de matinée ou l’après-midi jusqu’à un refuge du septième ou du huitième palier, tu y dînes et tu dors quelques heures, tu repars vers une heure ou deux du matin pour être au bord du cratère avant le lever du soleil, qui tombe entre 4h30 et 5 heures en été. Compte 13 000 à 15 000 yens par personne avec dîner et petit-déjeuner : c’est cher pour un futon serré entre deux inconnus dans un dortoir, et ça reste la meilleure dépense du voyage.

L’autre schéma, celui que les autorités combattent, s’appelle dangan tozan, l’ascension « en balle de fusil » : arriver le soir à la cinquième station, monter d’une traite sans dormir, redescendre dans la foulée. C’est la cause la plus citée des épuisements, des hypothermies et des malaises en altitude. C’est précisément pour l’empêcher que les portails de la cinquième station ferment de 14 heures à 3 heures du matin, sauf réservation confirmée en refuge. La mesure fonctionne : après sa première application côté Yamanashi, le nombre de grimpeurs entrant entre 21 heures et minuit a chuté d’environ 91 % par rapport à l’année précédente.

Deux conséquences pratiques : réserve ton refuge avant ton créneau d’entrée, pas l’inverse ; et sans refuge, tu es randonneur à la journée, donc parti de la cinquième station avant 14 heures, ce qui interdit de fait le lever de soleil au sommet. Si le dortoir d’altitude te rebute, l’autre façon de dormir face au volcan est plus confortable et bien plus chère : le glamping de Hoshinoya Fuji, au-dessus du lac Kawaguchiko, que nous avons visité.

Mal d’altitude, froid, chutes de pierres

Le vrai risque du Fuji n’est pas la chute, c’est l’organisme. Au poste de secours d’altitude, environ la moitié des consultations concernent le mal aigu des montagnes : maux de tête, nausées, vertiges, essoufflement anormal. Il touche des gens sportifs comme des gens sédentaires, sans logique apparente, et il s’aggrave si l’on continue de monter.

  • Passe au moins une heure à la cinquième station avant de partir : c’est le geste d’acclimatation le plus rentable, et presque personne ne le fait.
  • Marche lentement, à un rythme où tu peux tenir une conversation, et bois régulièrement même sans soif.
  • Au moindre mal de tête qui s’installe, arrête-toi. Si ça ne passe pas au repos, redescends : perdre trois cents mètres suffit souvent à tout régler.
  • Les bouteilles d’oxygène vendues en bas soulagent quelques minutes ; elles ne soignent rien et ne remplacent jamais une descente.

Le froid vient ensuite : il fait couramment sous zéro au sommet même en août, avec un vent qui décuple la sensation. Le troisième risque, ce sont les chutes de pierres, fréquentes près du sommet et là où les sentiers se croisent — la police de Yamanashi recommande explicitement le casque, qu’on loue en bas. Ajoute les orages de fin d’après-midi et le brouillard qui efface le balisage. Pour la prise en charge médicale et l’assurance, tout est réuni sur la page dédiée à la santé et la sécurité en voyage au Japon.

Équipement, accès depuis Tokyo et budget réel

Le contrôle de la cinquième station fixe le socle, mais la liste utile est plus longue : chaussures de randonnée montantes déjà portées, veste et pantalon imperméables séparés, polaire ou doudoune légère, bonnet et gants, frontale avec piles de rechange, deux litres d’eau, en-cas salés, crème solaire, et des pièces de 100 yens pour les toilettes, facturées 200 à 300 yens à chaque arrêt. Aucune poubelle sur la montagne : tout ce que tu montes redescend avec toi. Le reste du sac est traité dans la liste de ce qu’on met dans sa valise pour le Japon.

Pour l’accès, le plus simple depuis Tokyo est le bus direct de Shinjuku vers la cinquième station de la Fuji Subaru Line, environ deux heures et demie pour près de 4 800 yens l’aller, avec plusieurs départs quotidiens pendant la saison. Depuis la gare de Kawaguchiko, compte une cinquantaine de minutes et environ 2 000 yens. Pour Fujinomiya, on passe par le Shinkansen jusqu’à Shin-Fuji ou Mishima, puis un bus. Beaucoup de grimpeurs enchaînent avec une nuit au pied de la montagne : c’est l’occasion de combiner avec Hakone, ses bains et sa vue sur le Fuji, et de finir dans un bain chaud, ce que la page sur l’expérience des sources chaudes japonaises détaille pour qui n’en a jamais pris.

Le budget, enfin, pour deux jours au départ de Tokyo et par personne : 4 000 yens d’entrée, 9 600 de bus aller-retour, 13 000 à 15 000 de refuge en demi-pension, 1 500 à 2 500 d’eau, d’en-cas et de toilettes. On arrive entre 28 000 et 32 000 yens, soit 165 à 190 euros, hors équipement personnel. Plus cher qu’une journée dans les grands parcs à thème de Tokyo et d’Osaka, et infiniment plus fatigant. À toi de voir si tu veux la montagne ou la carte postale. Et si c’est la dimension sacrée du Fuji qui t’attire plus que son sommet, les autres hauts lieux spirituels de l’archipel se visitent sans nuit blanche ni droit d’entrée.

Questions fréquentes

Faut-il réserver pour gravir le Mont Fuji en 2026 ?

Oui, sur les quatre voies. La voie Yoshida impose une réservation en ligne avec un plafond de 4 000 personnes par jour, hors clients des refuges, dont environ 3 000 places en préréservation et un millier délivré sur place. Les trois voies de Shizuoka passent par un enregistrement préalable assorti d’un module de formation obligatoire à valider avant le départ. Dans tous les cas, le droit d’entrée est de 4 000 yens par personne et par ascension.

Quand est-il possible de monter au sommet du Fuji ?

Uniquement pendant la saison officielle, qui couvre en 2026 la période du 1er juillet au 10 septembre pour Yoshida et Subashiri, et du 10 juillet au 10 septembre pour Fujinomiya et Gotemba. Le tour du cratère n’ouvre que le 10 juillet. Hors de cette fenêtre, l’accès au-dessus de la cinquième station est interdit : sentiers non entretenus, refuges fermés, neige, glace et vents violents rendent la montagne réellement dangereuse.

Peut-on monter et redescendre dans la même nuit ?

Non, et c’est désormais empêché par les horaires. Les portails de la cinquième station sont fermés de 14 heures à 3 heures du matin, sauf pour les grimpeurs dont la nuit en refuge est confirmée. Cette ascension d’une traite sans sommeil, le dangan tozan, est la principale cause d’épuisements et de malaises en altitude sur la montagne. Sans réservation en refuge, tu dois donc partir avant 14 heures et renoncer au lever du soleil au sommet.

Combien coûte l’ascension du Mont Fuji au total ?

Entre 28 000 et 32 000 yens par personne pour deux jours au départ de Tokyo, soit 165 à 190 euros environ. Le détail : 4 000 yens de droit d’entrée, près de 9 600 yens de bus aller-retour depuis Shinjuku, 13 000 à 15 000 yens pour une nuit en refuge avec dîner et petit-déjeuner, et 1 500 à 2 500 yens d’eau, d’en-cas et de toilettes payantes. L’équipement personnel et la location éventuelle de matériel s’ajoutent.

Sources

Article rédigé à partir de séjours réels au Japon. Les dates d’ouverture, les quotas et les droits d’entrée du Mont Fuji évoluent chaque année : vérifie toujours l’information officielle des préfectures de Yamanashi et de Shizuoka avant de réserver.

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