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Hakone : onsen et vue sur le Mont Fuji

En bref

Hakone tient à 85 minutes de Shinjuku par le Romancecar, autour de 2 470 yens le trajet, supplément de siège compris. La boucle enchaîne cinq transports : train à crémaillère jusqu’à Gora, funiculaire, téléphérique par Owakudani, bateau sur le lac Ashi et bus, soit 2h25 de mouvement et 5 à 7 heures avec les arrêts. Payés à l’unité, ces segments reviennent à 4 670 yens ; le Hakone Free Pass 2 jours coûte 6 100 yens depuis Shinjuku et ne passe devant que si tu fais le tour entier. Compte 2 000 yens le musée en plein air, 15 000 à 60 000 yens la nuit en ryokan selon le bain. La vue sur le Fuji ne se commande pas : probable de décembre à février avant 9 heures, rare en été. Dors une nuit sur place.

Hakone est l’excursion la plus vendue au départ de Tokyo, et la plus mal organisée par ceux qui la font. Ce n’est pas un village mais une caldeira volcanique de dix-sept zones thermales, entre 100 et 1 400 mètres, où l’on se déplace en cinq transports dont l’ordre n’a rien d’indifférent. Si tu en es à décider quelles régions japonaises caser dans un premier séjour, la vue d’ensemble est là-bas ; ici, on s’occupe de la boucle, de son coût réel et de ce qu’on sacrifie quand on n’a qu’une journée.

Y aller depuis Tokyo : Romancecar, Odakyu ordinaire ou Shinkansen

Trois chemins, un seul mérite sa réputation. Le Romancecar d’Odakyu part de Shinjuku et te dépose à Hakone-Yumoto en 85 minutes sans changement : 1 270 yens de billet plus 1 200 de supplément de siège réservé, soit 2 470 yens, un départ toutes les trente minutes le matin. Réserve : les trains du samedi entre 8 et 9 heures affichent complet plusieurs jours à l’avance. La même ligne en express ordinaire coûte 1 270 yens sans supplément, en deux heures avec un changement à Odawara. Le Shinkansen Kodama jusqu’à Odawara, 35 minutes et 3 700 yens, n’a qu’un argument : le JR Pass, qui ne couvre rien au-delà.

Mon erreur, la première fois : Free Pass en poche, je suis montée dans le Romancecar en croyant le supplément inclus. Le contrôleur passe avant Machida, très poliment, et te fait payer les 1 200 yens sur place. Le pass couvre le trajet, jamais le siège réservé.

Un mot avant de partir : deux excursions se disputent la même case dans un itinéraire d’une semaine. Kamakura, ses temples et son bouddha de bronze se boucle en une journée sans dormir ; Hakone, non. La boucle tient dans la journée, la montagne non.

La boucle, segment par segment, et dans quel sens la faire

L’ordre canonique part de Hakone-Yumoto dans le sens des aiguilles d’une montre. Les cinq segments, durée et prix à l’unité, hors pass :

  • Hakone-Yumoto à Gora, train Tozan, 40 minutes, 460 yens : 445 mètres de dénivelé, trois rebroussements où conducteur et contrôleur échangent leurs cabines.
  • Gora à Sounzan, funiculaire, 10 minutes, 430 yens : quatre arrêts, un départ tous les quarts d’heure.
  • Sounzan à Togendai par Owakudani, téléphérique, 30 minutes, 1 500 yens : point haut à 1 044 mètres au-dessus des fumerolles.
  • Togendai à Motohakone, bateau, 30 à 40 minutes, 1 200 yens : trois faux galions, dont un rouge et or assez kitsch pour être drôle.
  • Motohakone à Hakone-Yumoto, bus Tozan ligne H, 35 à 40 minutes, 1 080 yens : les lacets de l’ancien Tokaido.

Additionne : 2h25 de mouvement pur et 4 670 yens, 5 à 7 heures avec les arrêts. Les fins de service tombent tôt : dernier téléphérique de Sounzan vers 16h15 de décembre à février et vers 17 heures le reste de l’année, dernier bateau de Motohakone entre 16h30 et 17 heures.

Le conseil qui change la journée : fais la boucle à l’envers. Le bus ligne H met quarante minutes jusqu’à Motohakone et te pose au bord du lac vers 8h30. Trois bénéfices : le torii sans file, la seule tranche horaire où le Fuji se montre, et les foules croisées à contre-courant. Le musée en plein air tombe alors en fin de parcours, et il ferme à 17 heures ; moi, je le sacrifie. Ces lacets ne sortent pas de nulle part : c’est l’ancien Tokaido, et la route historique qui traverse le massif se marche encore par tronçons, cèdres et pavés compris.

Le Hakone Free Pass : prix, couverture, seuil de rentabilité

Le Hakone Free Pass coûte 6 100 yens pour deux jours et 6 500 pour trois au départ de Shinjuku, 5 000 et 5 400 depuis Odawara, environ 1 100 yens pour les 6-11 ans. Il comprend l’aller-retour Odakyu et la libre circulation sur huit réseaux du massif : train Tozan, funiculaire, téléphérique, bateaux du lac Ashi et bus Tozan dans les zones prévues, plus une cinquantaine de réductions dans les musées. Il s’achète au guichet Odakyu de Shinjuku ouest ou sur l’application.

Ce qu’il ne couvre pas, et c’est là que le budget dérape :

  • le supplément Romancecar, 1 200 yens par trajet et par personne
  • le téléphérique du mont Komagatake, environ 1 800 yens l’aller-retour
  • les bateaux d’Izuhakone sur le lac Ashi, faciles à confondre au ponton
  • les entrées de musée, 100 ou 200 yens de remise seulement

Le calcul, en trois lignes. Aller-retour Shinjuku en express ordinaire : 2 540 yens. Boucle complète : 4 670 yens. Total 7 210 yens contre 6 100 de pass deux jours, soit 1 100 yens gagnés. Le seuil, c’est la boucle entière : saute un segment parce qu’il est fermé ou qu’il pleut, et le pass devient perdant. Si ton programme se résume à dormir dans un ryokan de Yumoto et redescendre, prends tes billets à l’unité et garde 3 500 yens. Prends-le si tu fais la boucle, ignore-le sinon.

Le bon réflexe : le supplément Romancecar reste dû même avec le pass, alors bloque ton siège dès que tes dates sont posées et réserver le Romancecar et le Free Pass en ligne t’évite la file du guichet Odakyu un samedi matin.

Owakudani, le lac Ashi, le torii dans l’eau et le musée en plein air

Owakudani est né il y a environ 3 000 ans de l’effondrement du Kamiyama, et la vallée fume encore : l’odeur d’œuf pourri monte dans la cabine avant l’arrivée. On y vient pour les kuro-tamago, cuits dans une source à 80 degrés, dont la coquille noircit au contact du fer et du soufre : 500 yens les cinq, sept ans de vie en plus par œuf selon la légende, deux et demi maximum selon le panneau. Le goût est celui d’un œuf dur, et l’histoire de ces œufs noircis dans la vallée bouillante est plus intéressante que la dégustation. Le vrai risque : la vallée ferme quand le gaz volcanique monte, comme en 2015 où le téléphérique est resté à l’arrêt des mois, et par vent fort. Un bus gratuit relie alors Sounzan à Togendai ; vérifie la veille au soir.

Le lac Ashi occupe le fond de la caldeira à 723 mètres, 21 kilomètres de tour. La traversée de Togendai à Hakonemachi prend 30 à 40 minutes pour 1 200 yens ; le pont supérieur, à 600 yens supplémentaires, ne vaut rien. Au départ de Togendai, le Fuji est derrière toi, plein nord : installe-toi à l’arrière.

À Motohakone, le torii vermillon de Hakone-jinja est planté dans l’eau depuis 1952 : gratuit, et la photo la plus disputée de la région, avec une file qui tourne entre trente et soixante minutes le week-end. Un samedi d’octobre à 14 heures, j’y ai compté quatre-vingts personnes ; le lendemain à 7h10, nous étions trois. Derrière, quatre-vingt-dix marches montent au sanctuaire fondé en 757, et là, plus personne.

Le musée en plein air, le Chokoku no Mori, a ouvert en 1969 : sept hectares en pente, environ 120 sculptures de Moore, Miró ou Bourdelle, un pavillon Picasso de quelque 300 pièces. Entrée autour de 2 000 yens, de 9 à 17 heures, dernière admission à 16h30, une centaine de yens de remise avec le Free Pass ; la gare Chokoku-no-Mori est deux minutes avant Gora. Compte 1h30, et garde pour la fin le bain de pieds du fond du parc, compris dans le billet. C’est le seul musée que je case dans une journée courte, devant le Pola et ses Monet à 2 200 yens.

La vue sur le Fuji depuis Hakone : quand elle est probable

Le volcan se dresse à une trentaine de kilomètres au nord-ouest du lac Ashi, et personne ne peut te promettre que tu le verras. Tout tient à l’air : l’hiver japonais est sec et venté de nord-ouest, l’été moite. Depuis la plaine du Kanto, le Fuji se montre une vingtaine de jours par mois en décembre et janvier, contre trois à six en juin et juillet. Novembre et février restent excellents, avril et mai souffrent des brumes, août est le pire mois de l’année.

L’heure compte autant que le mois. Le cône est dégagé au lever du jour, se voile quand le soleil chauffe les versants, puis disparaît souvent avant 9 heures en été, vers 10 ou 11 en hiver. Le premier bateau quitte Togendai vers 9h30 : si tu arrives de Tokyo le matin même, tu es déjà en retard.

Hakone ajoute un handicap : le massif culmine entre 700 et 1 400 mètres et fabrique ses propres nuages. La plaine peut être dégagée pendant qu’Owakudani baigne dans la purée de pois, et l’inverse arrive. Ne juge jamais la journée depuis Hakone-Yumoto, à 100 mètres au fond d’une gorge, et ne renonce pas au téléphérique parce qu’il bruine en bas. Les points de vue, du plus fiable au plus aléatoire :

  • le pont arrière du bateau au départ de Togendai, plein nord sur la longueur du lac
  • la rive de Motohakone, entre le torii et la terrasse du parc Onshi-Hakone
  • le tronçon de téléphérique entre Owakudani et Ubako, le plus haut de la ligne
  • le sommet du Komagatake à 1 356 mètres, 1 800 yens l’aller-retour et hors Free Pass

Reste l’essentiel : Hakone n’est pas le meilleur balcon du pays sur le cône. Le versant nord et ses cinq lacs le cadrent mieux, comme le détaille le tour des points de vue possibles sur le volcan. Ici, la vue est un bonus des matins d’hiver, pas une raison de venir : sur mes séjours d’été là-haut, je ne l’ai jamais vu.

Ryokan, bain privatif, et faut-il dormir sur place

Hakone compte dix-sept zones thermales : eau alcaline et douce à Yumoto, sulfureuse et laiteuse vers Ubako. Les fourchettes de 2026, par personne et par nuit, en semaine :

  • chambre sans repas, minshuku ou hôtel à Yumoto : 8 000 à 13 000 yens
  • ryokan correct en demi-pension, dîner kaiseki et petit-déjeuner : 15 000 à 25 000 yens
  • chambre avec rotenburo privatif sur la terrasse, demi-pension : 30 000 à 60 000 yens
  • maisons historiques de Gora et de Miyanoshita : au-delà de 80 000 yens

Ajoute 30 à 50 % le samedi et pendant les feuillages de novembre, et réserve deux à trois mois à l’avance pour un week-end d’automne. Dans la tranche du milieu, le KAI Hakone, posé au bord de la Sukumo, donne une bonne idée de ce que ces 15 000 à 25 000 yens achètent réellement. Mon arbitrage : la chambre avec bain privatif vaut ses 15 000 yens de plus pour une nuit, pas pour trois. Sur un séjour thermal plus long, les stations thermales volcaniques de l’extrême sud offrent des eaux plus spectaculaires à moitié prix.

Le bain privatif n’est pas qu’un luxe. Une majorité des bains communs de Hakone refuse encore les tatouages, même petits, et le kashikiri buro, le bain qu’on privatise à l’heure, règle la question : 2 000 à 4 000 yens les 45 minutes, à réserver dès l’arrivée. Sans nuit sur place, Tenzan Tohji-kyo demande 1 450 yens, navette gratuite depuis Hakone-Yumoto, mais refuse les tatouages ; Hakone Yuryo, à trois minutes de la gare, loue des bains privatifs à partir de 4 000 yens l’heure. C’est mon compromis préféré les soirs où je repars.

Alors, journée ou nuit ? Une journée suffit à la boucle, elle ne suffit pas à Hakone. Avec le Romancecar de 8 heures, tu es dans la boucle vers 9h45 et le dernier téléphérique tombe entre 16h15 et 17 heures : six heures utiles, sans onsen ni lac au lever du jour, donc sans Fuji. Deux jours et une nuit forment le format juste. Dors à Sengokuhara ou à Motohakone plutôt qu’à Hakone-Yumoto, bruyant et encaissé : le plateau de Sengokuhara est plus haut, plus calme, et un ryokan y a fait de l’atelier d’artiste son argument, bain sulfureux compris. Et si tu n’as qu’une journée, fais la boucle à l’envers et laisse tomber le musée.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour faire la boucle de Hakone ?

Environ 2h25 de transport pur pour les cinq segments, et 5 à 7 heures avec les arrêts à Owakudani, au torii et au musée en plein air. C’est faisable dans la journée depuis Tokyo en quittant Shinjuku avant 8 heures, mais le dernier téléphérique part de Sounzan entre 16h15 en hiver et 17 heures le reste de l’année.

Le Hakone Free Pass est-il vraiment rentable ?

Seulement si tu fais la boucle en entier. Les cinq segments payés à l’unité reviennent à 4 670 yens, l’aller-retour depuis Shinjuku à 2 540, soit 7 210 yens contre 6 100 pour le pass deux jours : 1 100 yens gagnés. Saute un segment et il devient perdant. Le supplément Romancecar n’est jamais inclus.

Peut-on voir le mont Fuji depuis Hakone, et à quelle période ?

Oui, depuis le lac Ashi, le téléphérique et le sommet du Komagatake, mais rien n’est garanti. L’air sec de l’hiver donne les meilleures chances : le volcan se montre une vingtaine de jours par mois en décembre et janvier, contre trois à six en juin et juillet. Vise les deux heures après le lever du jour.

Peut-on entrer dans un onsen de Hakone avec des tatouages ?

Dans les bains communs, rarement : la majorité des ryokan et des établissements à la journée de Hakone, dont Tenzan, refusent encore les tatouages, même petits. La parade est le kashikiri buro, le bain privatisé à l’heure, 2 000 à 4 000 yens les 45 minutes, ou une chambre avec rotenburo à partir de 30 000 yens par personne.

Sources

Article rédigé à partir de séjours réels au Japon. Les tarifs et conditions évoluent vite : vérifie toujours l’information officielle avant de réserver.

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