En bref
Tokyo n’a pas un métro mais trois réseaux superposés : Tokyo Metro et ses 9 lignes, Toei et ses 4 lignes, et les lignes JR East dont la boucle Yamanote. Chaque passage d’un exploitant à l’autre déclenche un nouveau tarif, avec environ 70 yens de remise entre Metro et Toei, et rien du tout ailleurs. Compte 180 à 330 yens le trajet de métro selon la distance, à partir de 150 yens sur JR. La Yamanote boucle le centre en une heure, 30 gares, un train toutes les 2 à 4 minutes. Dans les grandes gares, le numéro de sortie compte plus que le nom de la station : Shinjuku en aligne plus de 200 pour environ 3,5 millions de voyageurs par jour. Les pass à la journée, 600 yens chez Tokyo Metro, 800 yens pour 24 heures sur Metro et Toei, ne s’amortissent qu’à partir de quatre trajets. Dernier train vers minuit, premier vers 5 heures, rien entre les deux.
Le plan affiché dans le hall de Shinjuku ressemble à un plat de nouilles renversé, et c’est exactement le mauvais point d’entrée. Le métro de Tokyo n’est pas un réseau unique : trois compagnies se partagent le sous-sol de la capitale, et une demi-douzaine d’opérateurs privés prolongent leurs lignes vers la banlieue. Si tu veux d’abord situer la capitale dans l’ensemble, la façon dont on circule d’une ville japonaise à l’autre est traitée ailleurs ; ici, on reste sous le bitume de Tokyo.
Trois exploitants, un seul sous-sol
Tokyo Metro aligne 9 lignes et environ 180 stations, dont les plus utiles au voyageur : Ginza, Marunouchi, Hibiya. Toei, le réseau de la municipalité, en exploite 4 pour une centaine de stations : Asakusa, Mita, Shinjuku, Oedo. JR East ne fait pas de métro mais rend le même service en surface : Yamanote, Chuo, Sobu, Keihin-Tohoku. S’ajoutent les compagnies privées, Odakyu et Keio vers l’ouest, Tobu et Seibu vers le nord, Keisei et Keikyu vers les aéroports. Ce sont elles qui te sortent de la ville : les excursions d’une journée pour échapper à la chaleur de Tokyo commencent presque toutes sur l’une de ces lignes.
Chaque exploitant vend son propre trajet, et c’est là que ça coûte. Un Ginza-Roppongi sur la Hibiya reste chez Tokyo Metro, autour de 180 yens ; le même parcours par une ligne Toei te fait payer deux fois, et la remise de correspondance entre les deux plafonne à 70 yens. Sur JR, le tarif démarre vers 150 yens et grimpe avec la distance : un Tokyo-Shinjuku par la Chuo tourne autour de 210 yens.
Les tranches de distance vont de 180 à 330 yens pour le métro en ville. Personne ne calcule ça devant l’automate : tout le monde pose une carte sans contact sur le portillon et le bon montant part tout seul. Où l’acheter et comment la recharger et l’utiliser au quotidien tient dans une page à part ; sans elle, tu chercheras le prix de chaque billet sur un tableau en japonais.
La Yamanote, ta boucle de repère
La Yamanote est la ligne à apprendre en premier, avant même le métro. Une boucle de 34,5 kilomètres, 30 gares, un tour complet en une heure environ, des rames vert clair toutes les 2 à 4 minutes de 4h30 à une heure du matin. Elle relie presque tout ce que tu vas vouloir voir : Tokyo, Shimbashi, Shinagawa, Shibuya, Harajuku, Shinjuku, Ikebukuro, Ueno et Akihabara, soit la quasi-totalité des quartiers de Tokyo qui méritent une demi-journée.
Deux mots à repérer sur les écrans de quai : soto-mawari, la boucle extérieure, dans le sens des aiguilles d’une montre, et uchi-mawari, l’autre sens. Se tromper ne coûte pas un yen de plus, juste une bonne partie de ta matinée : de Shibuya à Shinjuku, c’est 7 minutes par l’ouest et près de 55 par l’est.
Sers-toi de cette boucle comme d’un cadran : presque toutes les adresses touristiques tiennent à l’intérieur du cercle ou à une ou deux stations en dehors. Perdue, remonte dessus.
La Chuo rapide, en orange, coupe la boucle en diagonale et met Tokyo à Shinjuku en 14 minutes, contre une vingtaine en suivant le cercle. La Sobu, en jaune, fait le même trajet en s’arrêtant partout, ce qu’il faut pour Yoyogi ou Sendagaya. C’est encore JR qui t’emmène hors de la ville : la gare de Tokyo et celle de Shinagawa sont tes deux têtes de pont pour les trajets longue distance vers Kyoto et Osaka.
Les lignes de métro qui servent vraiment
Sur la treizaine de lignes que compte la ville, tu en utiliseras cinq ou six. Chacune porte une couleur, une lettre et un numéro par station : la lettre identifie la ligne, le numéro la position sur le tracé. La station Ginza s’appelle G09 sur la ligne Ginza, M16 sur la Marunouchi et H08 sur la Hibiya. Ce code vaut mieux que le nom : il se lit sans savoir lire le japonais et se montre du doigt.
- Ginza (G, orange). La plus ancienne d’Asie, ouverte en 1927, et la mieux placée : Asakusa, Ueno, Ginza, Omotesando et Shibuya sur un seul trajet.
- Marunouchi (M, rouge). Elle dessine un S entre Ikebukuro, Shinjuku, Ginza, Tokyo et Ochanomizu. La ligne des correspondances ratées : elle repasse deux fois dans le même secteur.
- Hibiya (H, gris). Ueno, Akihabara, Ginza, Roppongi, Ebisu. Celle que je prends le plus le soir : elle enfile les quartiers d’izakaya sans correspondance.
- Oedo (E, magenta, Toei). Une boucle en forme de raquette qui dessert Shinjuku, Roppongi, Tsukishima et Ryogoku. Creusée très profond : à Roppongi, plus de 40 mètres et cinq minutes d’escalators.
- Asakusa (A, rose, Toei). La ligne des aéroports : ses trains continuent sur Keikyu vers Haneda et sur Keisei vers Narita, sans changer de rame.
- Chiyoda (C, vert) et Fukutoshin (F, brun). La première dessert Harajuku côté Meiji-jingumae, Omotesando et Nezu, puis se prolonge sur Odakyu vers Hakone ; la seconde relie Ikebukuro, Shinjuku-sanchome, Shibuya et Yokohama.
Ce qui manque en dit autant : la Tozai, la Hanzomon et la Mita servent surtout aux Tokyoïtes qui vont travailler. Retiens quelle ligne touche ton hôtel et laquelle rejoint la Yamanote.
Les sorties numérotées, le vrai piège des grandes gares
À Tokyo, une adresse ne se donne pas par la station mais par la sortie. Shinjuku, gare la plus fréquentée du monde avec environ 3,5 millions de voyageurs par jour, aligne plus de 200 sorties entre JR, Odakyu, Keio, Tokyo Metro et Toei. Ressortir par la mauvaise porte, c’est vingt minutes de trottoir, valise à la main.
Le réflexe qui change tout : note le numéro de sortie avant de descendre sous terre. Les applis l’affichent presque toujours, les hôtels le mettent sur leur site, et sur le quai les panneaux jaunes ne parlent plus que de ça. Dans les grandes stations, les sorties sont groupées par lettre, A1 à A14, B1 à B9, C1 et au-delà : à Otemachi ou à Ginza, la lettre te dit de quel côté du carrefour tu vas émerger.
- À Shinjuku, un passage libre est-ouest d’une centaine de mètres traverse la gare sous les voies depuis 2020. Avant, il fallait un ticket ou un détour.
- À la gare de Tokyo, le côté Marunouchi, avec sa façade de briques, et le côté Yaesu, celui des bus, sont séparés par dix bonnes minutes de marche.
- À Shibuya, les travaux déplacent les couloirs d’une année sur l’autre ; la sortie Hachiko reste le seul repère que tout le monde finit par trouver.
- Certaines correspondances passent par un portillon de sortie puis de rentrée, entre Otemachi et la gare de Tokyo. Suis les pancartes, pas ton instinct.
La première fois que j’ai dormi près de Shinjuku, mon hôtel indiquait la sortie C5 et je suis ressortie côté ouest, devant les tours de bureaux, à 22 heures, valise à la main. J’ai mis 25 minutes à retraverser la gare pour un point situé à 300 mètres à vol d’oiseau. Depuis, je photographie le numéro de sortie avant de partir le matin.
Local, rapide, express : lire la catégorie avant de monter
Sur une même voie, quatre catégories de trains ne s’arrêtent pas aux mêmes gares. Le futsu, ou kakueki-teisha, dessert toutes les stations. Le kaisoku, le rapide, en saute une partie. Le kyuko, l’express, en saute davantage. Le tokkyu, le limited express, ne s’arrête qu’aux grands nœuds. L’écran au bout du quai affiche la catégorie en japonais et en anglais.
Bonne nouvelle : sur le métro et sur la quasi-totalité des lignes privées, l’express coûte le même prix que l’omnibus. Tu ne payes un supplément que sur les trains à sièges réservés, le Romancecar d’Odakyu vers Hakone, environ 1 200 yens en plus du billet, ou le Skyliner de Keisei vers Narita, 2 580 yens au total depuis Nippori. Sur l’Odakyu, ces 1 200 yens sont le prix d’entrée pour la route historique qui traverse la région de Hakone, à une heure et demie de Shinjuku.
Le piège classique se joue sur la Chuo. Le rapide orange saute Yoyogi et Sendagaya, deux gares que tu veux pour Meiji-jingu ou Shinjuku Gyoen : il te faut la Sobu jaune. Aux heures de pointe apparaît le tsukin kaisoku, le rapide de banlieue, qui saute encore d’autres arrêts.
L’autre piège vient des services directs, ces trains qui changent de compagnie sans changer de rame : une rame de la Fukutoshin devient un Tokyu et continue vers Yokohama, un train de la Chiyoda devient un Odakyu. La destination affichée compte donc plus que la couleur de la ligne. Un soir de départ, à Higashi-Ginza, je suis montée dans un train de la ligne Asakusa qui annonçait Narita alors que mon vol partait de Haneda. Je l’ai compris trois stations plus loin : 20 minutes perdues et un enregistrement au pas de course.
Heures de pointe, dernier train et pass à la journée
La pointe du matin va de 7h30 à 9 heures, avec un sommet entre 8 heures et 8h45 ; celle du soir s’étale de 17h30 à 19h30, plus tard le vendredi. Sur les tronçons les plus chargés, le taux d’occupation dépasse encore 150 % : épaule contre épaule, sac tenu devant soi. Avec une valise, décale-toi d’une heure ou laisse-la dans un casier de gare, 400 à 700 yens pour un petit format. Aux mêmes heures, les premières ou dernières voitures sont réservées aux femmes en semaine, jusque vers 9h30, marquage rose peint sur le quai.
Le dernier train tombe entre minuit et 0h30 selon la ligne et la gare, et le premier repart vers 5 heures. Entre les deux, rien : ni métro, ni bus de nuit. Le piège n’est pas le dernier train de la ligne, c’est le dernier qui te ramène avec ta correspondance, souvent 20 à 40 minutes plus tôt. Vérifie-le avant de commander la dernière bière, pas après.
Rater le shuden coûte cher. Un taxi de Shibuya à Shinjuku après minuit tourne autour de 2 500 à 3 000 yens, majoration de nuit de 20 % comprise, et le double si tu loges plus loin. L’alternative locale est un box de karaoké ou un manga café, 2 000 à 3 000 yens jusqu’au premier train. Ce n’est pas glamour, c’est ce que font les Tokyoïtes.
Restent les pass à la journée, dont l’intérêt se calcule en trente secondes : à 180 ou 200 yens le trajet moyen, il faut quatre passages de portillon dans la même journée pour amortir un pass à 800 yens.
- Tokyo Metro 24 heures, 600 yens : les 9 lignes Tokyo Metro uniquement. Le meilleur rapport si tu restes dans le centre.
- Tokyo Subway Ticket, autour de 800 yens pour 24 heures, 1 200 pour 48, 1 500 pour 72 : Tokyo Metro et Toei ensemble, réservé aux visiteurs étrangers, passeport à l’appui.
- Tokunai Pass, 760 yens : les lignes JR à l’intérieur des 23 arrondissements, Yamanote comprise. Utile le jour où tu enchaînes Ueno, Akihabara, Shibuya et Ikebukuro.
- Tokyo Combination Ticket, environ 1 600 yens : JR, métro, Toei et bus municipaux dans un seul titre. Rentable seulement sur une journée très dense.
Mon avis après une vingtaine de séjours : la plupart de ces pass ne valent pas le coup. Une journée normale, c’est trois ou quatre trajets, soit 600 à 800 yens, et tu poses ta carte sans y penser. Le Tokyo Subway Ticket 72 heures, à 1 500 yens pour trois jours pleins, est le seul que je reprends sans sortir la calculette. Le vrai gain de temps n’est de toute façon pas tarifaire : il tient dans le numéro de sortie noté avant de descendre.
Questions fréquentes
Le JR Pass fonctionne-t-il dans le métro de Tokyo ?
Non. Le JR Pass ne couvre que les lignes du groupe JR : dans la capitale, la Yamanote, la Chuo, la Sobu et la Keihin-Tohoku, ce qui couvre déjà beaucoup de trajets. Tokyo Metro, Toei et les compagnies privées comme Odakyu ou Keikyu facturent séparément, entre 180 et 330 yens le trajet. Prévois une carte sans contact pour le reste.
Quelle différence entre Tokyo Metro et Toei ?
Ce sont deux entreprises distinctes. Tokyo Metro exploite 9 lignes et environ 180 stations ; Toei, le réseau de la municipalité, en exploite 4 : Asakusa, Mita, Shinjuku et Oedo. Elles partagent les mêmes couloirs, mais pas la même billetterie. Passer de l’une à l’autre déclenche un second tarif, avec seulement 70 yens de remise de correspondance, et les lignes Toei sont un peu plus chères.
À quelle heure passe le dernier métro à Tokyo ?
Entre minuit et 0h30 selon la ligne et la gare, le premier train repartant vers 5 heures. Rien ne circule entre les deux. L’heure qui compte n’est pas celle du dernier train de la ligne mais celle du dernier qui te ramène avec ta correspondance, souvent 20 à 40 minutes plus tôt. Sinon, compte 2 500 à 3 000 yens de taxi entre deux quartiers centraux.
Un pass à la journée vaut-il le coup pour le métro de Tokyo ?
Rarement. Une journée ordinaire tourne autour de trois ou quatre trajets, soit 600 à 800 yens, et le pass Tokyo Metro 24 heures coûte justement 600 yens : le gain est nul. Il devient intéressant à partir de cinq ou six trajets. Le Tokyo Subway Ticket 72 heures, autour de 1 500 yens et réservé aux visiteurs étrangers, reste la meilleure affaire des trois.
Sources
- Japan Guide, fiches pratiques et retours de terrain
- JNTO, office national du tourisme japonais
- Japan National Tourism Organization, informations officielles
Article rédigé à partir de séjours réels au Japon. Les tarifs, horaires et conditions d’entrée évoluent vite : vérifie toujours l’information officielle avant de réserver.

