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Hiroshima et Miyajima : mémoire et torii sur l’eau

En bref

Hiroshima est à 1 h 40 de Kyoto et 1 h 25 de Shin-Osaka en Shinkansen, environ 12 000 et 10 600 yens en siège réservé. Depuis la gare, le tram 2 ou 6 dépose au Dôme de Genbaku en une vingtaine de minutes pour 240 yens, et le musée du Mémorial de la paix ouvre à 8h30, coûte 200 yens et demande deux heures. Miyajima s’atteint ensuite en 27 minutes de train JR à 420 yens, puis 10 minutes de ferry à 200 yens, taxe de visite de 100 yens en sus depuis octobre 2023. Le grand torii de 16 mètres ne semble flotter qu’au-delà d’environ 250 cm de marée et se rejoint à pied sous 100 cm : la table des marées décide de ta photo. Le mont Misen, 535 mètres, se monte en téléphérique à 2 000 yens l’aller-retour ou en 1 h 30 à pied. Une journée serrée suffit, mais deux jours et une nuit sur l’île valent mieux.

Visiter Hiroshima ne se décide pas comme on ajoute une ville de plus à un itinéraire. Il y a le mémorial, une ville de 1,2 million d’habitants entièrement rebâtie, et à quarante minutes de là une île où un portail rouge de seize mètres se plante dans la mer deux fois par jour. Je fais ce trajet depuis 2007 et je donne toujours le même ordre : le parc d’abord, l’île ensuite. Si tu découpes encore ton séjour, la vue d’ensemble pour répartir tes journées entre les grandes régions pose le cadre ; ici, on entre dans les trains, les horaires et les marées.

Y aller, puis enchaîner sur l’île

Hiroshima se gagne par le Shinkansen Sanyo. Les temps de trajet et les prix en siège réservé :

  • depuis Kyoto, 1 h 40 en Nozomi, un peu plus de 2 heures en Sakura ou Hikari, environ 12 000 yens
  • depuis Shin-Osaka, 1 h 25 et environ 10 600 yens
  • depuis Tokyo, près de 4 heures et environ 19 500 yens

Avec un JR Pass, les Nozomi exigent un supplément quand les Sakura sont inclus : la demi-heure perdue vaut mieux que le billet repayé.

La gare est à l’est du centre : le parc du Mémorial n’est pas à côté. Le tram Hiroden, lignes 2 et 6, dépose à l’arrêt Genbaku Dome-mae en 15 à 20 minutes pour 240 yens à tarif unique ; c’est lent, et c’est pourtant la bonne manière d’arriver.

Pour l’île, la ligne JR Sanyo relie Hiroshima à Miyajimaguchi en 27 minutes pour 420 yens, puis le ferry traverse en 10 minutes pour 200 yens l’aller, plus 100 yens de taxe de visite depuis octobre 2023. Le ferry JR est couvert par le JR Pass, celui de Matsudai non, et seul le JR fait un crochet devant le torii à l’aller. Le tram ligne 2 y va aussi, en 70 minutes pour 340 yens : ne le prends que si tu aimes vraiment les trams.

Le parc du Mémorial de la paix et le Dôme de Genbaku

La bombe a explosé le 6 août 1945 à 8h15, à environ 600 mètres au-dessus de la ville. L’hypocentre se situe à 160 mètres du Dôme, au-dessus de ce qui était la clinique Shima : une simple plaque dans une ruelle, que presque personne ne cherche. Le Dôme était le palais préfectoral de la promotion industrielle, ouvert en 1915 et dessiné par le Tchèque Jan Letzel ; il tient debout parce qu’il a reçu le souffle presque à la verticale. Conservé en l’état depuis 1966, il est classé au patrimoine mondial en 1996.

Le parc occupe l’ancien quartier de Nakajima, un secteur commerçant rayé de la carte, redessiné par Kenzo Tange sur un axe unique : depuis le cénotaphe, la flamme de la paix et le Dôme s’alignent dans l’arche. Le registre déposé dessous porte les noms des victimes et dépasse 340 000 lignes. Les estimations du bilan varient selon les sources et selon la date d’arrêt du décompte : plusieurs dizaines de milliers de morts le jour même, un ordre de grandeur souvent cité d’environ 140 000 à la fin de 1945, et une marge que personne ne prétend refermer.

Le reste du parc se parcourt en 45 minutes. Le monument des enfants, élevé en mémoire de Sadako Sasaki, morte d’une leucémie en 1955 à 12 ans, disparaît sous les grues en papier : environ dix tonnes arrivent chaque année du monde entier. Le Rest House, ancien magasin de kimonos, a rouvert en 2020 : entrée libre, et au sous-sol la cave où un employé a survécu à 170 mètres de l’hypocentre. Le 6 août, la cérémonie a lieu à 8h15 et des lanternes descendent la Motoyasu le soir.

Le musée : ce qu’on y voit, le temps qu’il faut

L’entrée coûte 200 yens, le tarif le plus bas des grands musées japonais. Ouverture à 8h30 ; fermeture à 18 heures de mars à juillet, 19 heures en août, 17 heures de décembre à février, dernière admission trente minutes avant. L’audioguide, autour de 400 yens, existe en français et vaut son prix.

Le parcours commence par l’aile est, qui pose la chronologie et la ville d’avant, puis passe au bâtiment principal, rouvert en avril 2019 avec une exposition refaite. Cette partie ne montre presque plus de maquettes : elle montre des objets, chacun accompagné d’un nom et d’un âge. Un tricycle. Une montre arrêtée. Des marches de pierre d’une banque. Les dernières salles présentent des dessins de survivants. On y parle à voix basse sans que personne ne l’ait demandé.

Ma première visite, un samedi d’août à 14 heures, s’est faite au pas, dans des couloirs où la file avance seule. J’y suis retournée un mardi de novembre à 8h30 : quarante minutes presque seule dans le bâtiment principal. Compte deux heures, deux heures et demie si tu lis tout, plus 45 minutes pour le Hall national du souvenir voisin, gratuit, dont la salle circulaire reconstitue la ville en ruines avec environ 140 000 carreaux, un par victime estimée fin 1945.

Ne cale rien d’exigeant derrière : ni un Shinkansen à prendre dans l’heure, ni un dîner réservé. La deuxième fois, je suis restée vingt minutes assise au bord de l’Ota sans rien faire. Avec de jeunes enfants, l’aile principale peut être trop dure : le parc et le hall du souvenir suffisent, et on se relaie. Ce n’est pas une visite qu’on coche sur une liste, et ce n’est pas une raison d’y renoncer.

Hiroshima au-delà du mémorial

L’erreur classique consiste à repartir à 13 heures. Hiroshima compte 1,2 million d’habitants, six bras de l’Ota et une galerie couverte, Hondori, longue de près de 600 mètres. La ville s’est reconstruite vite et le montre : le béton des années 1950 et 1960 domine. La côte de la mer intérieure commence juste à l’est, et le port en pente d’Onomichi et le village de Tomonoura tiennent à un peu plus d’une heure de route vers l’est si tu prolonges d’une journée.

L’okonomiyaki version Hiroshima empile au lieu de mélanger : pâte fine, montagne de chou, nouilles soba ou udon, œuf par-dessus. Okonomi-mura, un immeuble de Shintenchi avec une vingtaine de comptoirs sur trois étages, reste l’adresse de référence : 1 000 à 1 500 yens et vingt minutes d’attente à midi.

  • Shukkei-en, 260 yens, dix minutes à pied de la gare : un jardin de 1620 rasé en 1945 et rouvert en 1951, avec un ginkgo survivant.
  • Le château, 370 yens, donjon rebâti en béton en 1958. Un projet de reconstruction en bois doit le fermer : vérifie avant le détour.
  • Les hibaku jumoku, ces arbres soufflés qui sont repartis : environ 170 recensés dans un rayon de 2 kilomètres, dont deux au château.
  • Les trams de 1942, voitures 651 et 652, qui roulaient le 6 août 1945 et circulent encore en service normal.

Si tu ne gardes qu’une chose après le mémorial, prends Shukkei-en plutôt que le château : le jardin raconte la même histoire en une heure, sans donjon en béton.

Miyajima : le torii, les marées et l’heure de la photo

Le sanctuaire d’Itsukushima est bâti sur pilotis parce que l’île entière passait pour sacrée et qu’on n’y construisait pas. L’agencement actuel remonte à Taira no Kiyomori, vers 1168. Entrée 300 yens, ouverture à 6h30, fermeture à 18 heures et 17 heures en hiver. Itsukushima mise sur l’eau et sur le vide, jamais sur la sculpture : pour l’inverse exact, va voir les sanctuaires vermillon posés au milieu des cèdres, à deux heures de Tokyo.

Le grand torii actuel, le huitième depuis les origines du sanctuaire, a été dressé en 1875 : un peu plus de 16 mètres, environ 60 tonnes, et il ne repose sur rien, ses piliers de camphrier tenant par leur seul poids et des pierres logées dans la traverse. Il est sorti fin 2022 d’un chantier de trois ans et demi, le premier depuis 1950.

Reste le vrai sujet, la marée. Deux pleines mers et deux basses mers par jour, séparées d’environ 6 h 12, avec un horaire qui glisse d’une cinquantaine de minutes par jour. Au-dessus d’environ 250 cm, le torii comme les couloirs du sanctuaire semblent flotter. Sous 100 cm, tu marches sur le sable jusqu’aux piliers et tu vois les pièces de monnaie coincées dans le bois. Les deux valent le déplacement, et ce ne sont pas les mêmes photos. L’office de tourisme de l’île publie la table heure par heure et en centimètres : c’est la première page à ouvrir quand tu poses tes dates.

Mon erreur, la première fois : un aller-retour calé un après-midi, arrivée à 11 heures pile à 90 centimètres. Le torii était superbe sur le sable, mais la pleine mer tombait à 17h40, une heure après mon départ. Depuis, je prends la journée entière : six heures d’écart entre les deux marées suffisent presque toujours à voir les deux états. Le sanctuaire reste éclairé jusqu’à 23 heures, et le Senjokaku, pavillon inachevé depuis 1587 et facturé 100 yens, donne la meilleure vue sur la baie.

Le mont Misen, les daims et une nuit sur l’île

Le mont Misen culmine à 535 mètres. Le téléphérique part de Momijidani, à dix minutes du sanctuaire par navette gratuite, et coûte environ 2 000 yens l’aller-retour, 1 100 l’aller simple ; il s’arrête à Shishiiwa, d’où il reste trente minutes de marche jusqu’au sommet, ce que le guichet annonce mal. À pied, compte 1 h 30 par le sentier de Momijidani comme par celui de Daisho-in, plus raide et plus beau. Mon compromis préféré : monter en téléphérique, redescendre par Daisho-in en une heure quinze.

En haut, l’observatoire ouvre sur la mer intérieure de Seto, et le Reikado abrite une flamme entretenue depuis plus de mille ans, celle qui a servi à allumer la flamme de la paix, en bas, dans le parc. Au pied du sentier, le temple Daisho-in est gratuit, presque vide, et je le préfère au sanctuaire : cinq cents statues de rakan toutes différentes et une grotte qui réunit les 88 étapes du pèlerinage de Shikoku. C’est le genre de lieu qui donne envie de prolonger le voyage par les chemins de pèlerinage et les nuits au temple, plutôt que par une ville de plus.

Environ cinq cents daims vivent sur l’île. On ne les nourrit plus depuis la fin des années 2000 et ils se rabattent sur le papier : mon plan du sanctuaire y est passé en quatre secondes. Ils sont plus discrets et plus maigres que leurs cousins bien mieux nourris du parc de Nara, qui saluent contre un senbei à 200 yens. Sur Omotesando, la rue commerçante qui monte au sanctuaire, on mange des huîtres grillées à la commande, 500 à 700 yens la paire, et des momiji manju en forme de feuille d’érable, autour de 120 yens pièce ou frits sur bâtonnet.

Reste ce qui change tout : dormir sur place. Vers 17h30, les boutiques ferment, les derniers ferries emportent les visiteurs de la journée, et il ne reste que les daims et un torii éclairé. Le prix se paie : 25 000 à 45 000 yens par personne en ryokan avec les deux repas, contre 8 000 à 15 000 pour une chambre d’hôtel à Hiroshima. Si ton budget ne permet qu’une nuit chère du voyage, mets-la ici plutôt qu’à Kyoto. Mon programme : arrivée de Kyoto vers 11 heures, parc et musée l’après-midi, ferry de 17 heures, nuit sur l’île, île entière le lendemain. En une journée, tu sacrifieras soit le musée, soit la marée. Et si tu repars vers l’ouest au lieu de revenir sur tes pas, la traversée de Shimonoseki jusqu’à Tsuwano enchaîne sans repasser par Osaka.

Questions fréquentes

Peut-on visiter Hiroshima et Miyajima en une seule journée ?

Oui, mais tu sacrifieras quelque chose. Depuis Kyoto, 1 h 40 de Shinkansen à l’aller comme au retour laissent environ huit heures sur place : deux heures de musée, une heure de parc, une heure de trajets internes, et quatre heures sur l’île avec la marée que le hasard t’accorde. Deux journées et une nuit restent nettement meilleures.

Combien de temps prévoir pour le musée du Mémorial de la paix ?

Deux heures, deux heures et demie si tu lis tous les cartels, plus 45 minutes pour le Hall national du souvenir voisin, gratuit. L’entrée coûte 200 yens et l’ouverture est à 8h30, la dernière admission tombant trente minutes avant la fermeture, 18 heures la plus grande partie de l’année. Viens tôt : entre 10 et 14 heures, les groupes scolaires saturent les couloirs étroits.

Comment savoir si le torii de Miyajima sera dans l’eau ?

En lisant la table des marées publiée par l’office de tourisme de l’île, heure par heure et en centimètres. Au-dessus d’environ 250 cm, le torii et les couloirs du sanctuaire semblent flotter ; sous 100 cm, tu marches sur le sable jusqu’aux piliers. Les marées se succèdent toutes les 6 h 12 environ : une journée entière sur place te donne les deux états.

Faut-il dormir à Hiroshima ou sur l’île de Miyajima ?

Sur l’île, si le budget le permet une fois dans le voyage. À partir de 17h30 les boutiques ferment, les visiteurs de la journée repartent, le torii reste éclairé jusqu’à 23 heures et le sanctuaire ouvre à 6h30. Compte 25 000 à 45 000 yens par personne en ryokan avec les deux repas, contre 8 000 à 15 000 pour un hôtel à Hiroshima.

Sources

Article rédigé à partir de séjours réels au Japon. Les tarifs, horaires et conditions d’entrée évoluent vite : vérifie toujours l’information officielle avant de réserver.

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