En bref
L’ossature d’un premier séjour tient en trois villes : Tokyo (4 à 5 jours), Kyoto (3 à 4 jours) et Osaka (1 à 2 jours), sur un axe que le Shinkansen parcourt en deux heures. Autour, cinq escapades à la journée : Nara, Kamakura, Nikko, Hakone, Hiroshima et Miyajima. Au-delà de douze jours, l’axe central (Takayama, Shirakawa-go, Kanazawa) ajoute la montagne et le Mont Fuji ; à trois semaines seulement, une extrémité, Hokkaido au nord, Kyushu ou Okinawa au sud. Une nuit dans un temple du Koya-san reste souvent le plus fort souvenir. La vraie question n’est pas la liste des lieux mais le nombre de nuits : sous dix jours, pas plus de deux bases.
La question qui bloque tout le monde au moment de réserver, c’est où aller au Japon avec deux semaines et une carte pleine de noms inconnus. Savoir où aller au Japon ne se joue pas à la beauté des lieux, tous beaux, mais à la géographie des trains et au nombre de nuits que tu peux poser quelque part. Vingt ans que je fais ce voyage, et l’erreur ne change pas : cocher huit villes en douze jours, puis passer son séjour dans les gares. Pour le budget et les formalités, appuie-toi sur le guide complet pour organiser un séjour au Japon.
Le trio Tokyo, Kyoto, Osaka : l’ossature qui marche
Tokyo ne se visite pas comme une ville mais comme une douzaine de villes cousues par la Yamanote, la boucle qui fait le tour du centre en une heure. Shibuya et Shinjuku donnent les images attendues ; Yanaka et les berges de la Sumida montrent la vie quotidienne. Quatre à cinq jours, pas moins, découpés quartier par quartier comme l’explique notre guide pour découvrir Tokyo sans se disperser.
Kyoto est l’exact opposé : basse, étalée, ancienne. On croit la boucler en deux jours ; il en faut trois à quatre, les sites étant dispersés et les bus lents aux heures de pointe. Mon conseil le plus rentable tient en une phrase : lève-toi à six heures. À Fushimi Inari, les torii sont à toi jusque vers sept heures et demie, ensuite c’est une file indienne. Le tri est fait dans notre sélection pour explorer les temples et jardins de Kyoto.
Osaka est à quinze minutes de Kyoto en Shinkansen : autant une base qu’une destination. On y va pour manger, dans des rues qui sentent la friture et le dashi jusqu’à minuit passé. Une à deux journées suffisent, et la capitale japonaise de la street food mérite au moins une soirée.
Les escapades à la journée qui font respirer l’itinéraire
Les meilleures journées sont celles où la valise reste à l’hôtel. À quarante-cinq minutes de Kyoto ou d’Osaka, Nara aligne un parc où plus d’un millier de daims circulent librement et un Bouddha de bronze de quinze mètres sous l’une des plus grandes halles en bois du monde. Une demi-journée suffit, une journée si tu montes au Kasuga-taisha. Méfie-toi des daims en liberté de Nara : ils sont parfaitement capables de te voler ton plan de métro.
Depuis Tokyo, deux directions opposées. Au sud, une heure de ligne Yokosuka mène à Kamakura et son grand Bouddha en plein air, treize mètres de bronze à ciel ouvert depuis que son pavillon a été emporté au XVe siècle, avec sentiers de collines et plage au bout. Au nord, deux heures de train donnent accès aux sanctuaires sculptés et à la montagne de Nikko : laques rouges, cèdres centenaires, cascades juste au-dessus. En octobre, dors sur place, la route se bouche l’après-midi.
Deux destinations sont classées « excursion » à tort. Hakone, ses onsen et sa vue sur le volcan se boucle en une journée, mais tout l’intérêt tient au bain du soir et au petit-déjeuner en yukata : réserve une nuit. Hiroshima et l’île de Miyajima, à une heure et demie de Shinkansen depuis Osaka, en demandent une aussi : le torii se regarde à marée haute puis à marée basse, et l’île change une fois les groupes repartis.
Le bon réflexe : bloque tes trajets longue distance dès que tes dates sont fixées : en avril et en novembre, les Shinkansen affichent complet plusieurs jours à l’avance. Tu peux comparer les pass régionaux et réserver tes trains avant de décoller.
L’axe central : Alpes japonaises, mer du Japon et Mont Fuji
Entre Tokyo et Kyoto passe une route de montagne plus lente, que je conseille au-delà de douze jours. Takayama, au pied des Alpes japonaises, a gardé trois rues de maisons de marchands d’Edo : bois noirci, brasseries de saké signalées par leur boule de cèdre, deux marchés le matin au bord de la rivière. Une nuit, deux si tu pousses jusqu’à Kamikochi. À sept heures du matin, la ville est à toi.
À cinquante minutes de bus, le village aux toits de chaume de Shirakawa-go aligne des fermes gassho-zukuri dont les charpentes en mains jointes encaissent des hivers à plusieurs mètres de neige, inscrites à l’UNESCO depuis 1995. La plupart des visiteurs y passent trois heures entre deux bus ; les maisons d’hôtes, à réserver des mois à l’avance, ouvrent le seul créneau où l’endroit redevient un village.
Plus à l’ouest, sur la mer du Japon, Kanazawa, que l’on surnomme la petite Kyoto condense en deux jours ce que Kyoto étale sur quatre : le Kenroku-en, l’un des trois grands jardins du pays, un quartier de geishas aux façades de bois rouge et un musée d’art contemporain circulaire. Tokyo est à deux heures et demie de Shinkansen.
Reste le volcan. Apercevoir le Mont Fuji relève de la météo plus que de l’organisation : caché une bonne partie de l’été, il se découvre surtout de novembre à février, tôt le matin, depuis le lac Kawaguchi ou depuis le Shinkansen (côté droit vers Kyoto, une trentaine de minutes après Shin-Yokohama). L’ascension n’est ouverte qu’en juillet et août, de nuit. J’ai attendu trois jours sans rien voir ; la quatrième aube a tout rattrapé.
Le nord et le sud : Hokkaido, Kyushu, Okinawa
Ces trois régions ne se greffent pas sur un itinéraire classique : chacune réclame un vol intérieur et cinq jours au minimum. C’est le moment où le voyage bascule vers un Japon que la Golden Route ne traverse jamais, avec ce que ça suppose de trajets et de bus rares. Hokkaido, ses grands espaces et ses hivers ressemble à un autre pays : routes droites entre les champs, parcs nationaux à ours bruns, neige poudreuse, villes très espacées. C’est la seule île où louer une voiture se justifie. Février pour les sculptures de glace de Sapporo, juillet pour les lavandes de Furano.
Au sud, l’île volcanique de Kyushu est le meilleur compromis pour sortir des sentiers battus : sources chaudes en pagaille autour de Beppu et Yufuin, un volcan qui fume au-dessus de Kagoshima, la caldeira de l’Aso, Nagasaki au passé métissé. Une semaine, en boucle depuis Fukuoka.
Okinawa et ses plages subtropicales n’a presque rien de japonais au sens habituel : un ancien royaume, celui des Ryukyu, sa cuisine, sa musique au sanshin. On y va pour l’eau turquoise et la plongée autour des îles Kerama, pas pour les temples. Avril à juin et octobre sont les fenêtres les plus sûres.
Koya-san, la nuit qui change un voyage
Le plateau monastique du Koya-san, à 800 mètres d’altitude au sud d’Osaka, abrite le siège du bouddhisme Shingon et plus de cent temples. Deux heures de train puis un funiculaire, et l’on dort chez les moines : tatami, dîner végétarien shojin ryori, office du matin à six heures. Compte 12 000 à 20 000 yens par personne avec les deux repas, soit 70 à 120 euros selon le cours. Le vrai moment arrive à la nuit tombée, dans l’allée de l’Okunoin : deux kilomètres de cèdres géants et quelque deux cent mille tombes moussues sous les lanternes.
Le temple n’est qu’une forme de nuit parmi d’autres. Ryokan, minshuku, business hotel, capsule pour dépanner : chacune a son usage, détaillé dans notre tour d’horizon des hébergements japonais. Une règle avant de réserver : alterne.
Combien de jours, quelle saison : comment trancher
La durée décide de presque tout. Ma règle : une nouvelle base par tranche de quatre jours, jamais moins de deux nuits au même endroit. Pour voir ce que ça donne concrètement, un parcours de dix jours en train, étape par étape, montre où les nuits tombent.
- Sept à huit jours : Tokyo et Kyoto, avec une escapade depuis chacune.
- Dix à douze jours : Osaka en deuxième base du Kansai, et une nuit à Hiroshima.
- Quinze jours : l’axe central s’intercale entre Tokyo et Kyoto, plus une nuit au Koya-san ou à Hakone.
- Trois semaines : là seulement, une extrémité, avec un vol intérieur plutôt qu’un long trajet en train.
La saison pèse aussi lourd. Fin mars à début avril pour les cerisiers, avec affluence et prix au maximum ; fin novembre pour les érables, ma période préférée, plus stable côté météo. Juillet et août sont chauds et humides partout sauf à Hokkaido, et la Golden Week de fin avril à début mai est à éviter : le pays entier voyage en même temps. Pour un plan jour par jour, nos trames d’itinéraires selon la durée du séjour sont déjà éprouvées.
Un dernier repère : au Japon, le transport coûte plus cher en temps qu’en argent. Choisis d’abord tes deux ou trois bases, réserve les nuits, et laisse les trains s’organiser autour. Si aucune ne s’impose encore, notre sélection de villes japonaises à retenir donne une première liste courte à trancher.
Questions fréquentes
Combien de jours faut-il pour visiter le Japon ?
Dix à quatorze jours est le format le plus confortable : quatre à cinq jours à Tokyo, trois à quatre à Kyoto, une base à Osaka et deux escapades à la journée. En dessous de sept jours, limite-toi à deux villes, sinon tu passeras un tiers du temps dans les transports. Au-delà de quinze jours, ajoute l’axe central des Alpes japonaises.
Quelle est la meilleure période pour partir au Japon ?
Fin mars et début avril pour les cerisiers, fin octobre à fin novembre pour les érables : la seconde fenêtre est plus stable côté météo et un peu moins chère. Évite la Golden Week de fin avril à début mai et la mi-août, où le pays entier se déplace. L’été reste chaud et humide sauf à Hokkaido ; l’hiver offre un ciel dégagé et les meilleures chances d’apercevoir le Mont Fuji.
Le Japan Rail Pass est-il encore rentable ?
Plus systématiquement, non. Le pass de sept jours en voiture ordinaire avoisine 50 000 yens et ne devient intéressant qu’à partir de deux allers-retours longue distance, par exemple Tokyo vers Kyoto puis Kyoto vers Hiroshima. Pour un séjour concentré sur le Kansai, les billets à l’unité ou un pass régional coûtent moins cher : additionne le prix de tes trajets avant de trancher.
Peut-on voir le Mont Fuji depuis Tokyo ?
Oui, mais rarement, et surtout l’hiver quand l’air est le plus sec. Par temps très clair, on l’aperçoit depuis les observatoires en hauteur de la capitale, tôt le matin de préférence. Pour une vraie vue, rejoins la région des cinq lacs autour de Kawaguchiko, à environ deux heures. Le Shinkansen vers Kyoto offre aussi un beau passage côté droit du train.
Sources
- JNTO, l’office national du tourisme japonais en français
- Japan Guide, fiches détaillées par ville et par région
- Japan Rail Pass, tarifs officiels en vigueur
Article rédigé à partir de séjours réels au Japon. Les tarifs, horaires et conditions d’entrée évoluent vite : vérifie toujours l’information officielle avant de réserver.

